PRUSIAS, NICOMÈDE, ATT A LE, FLAMI- NIUS, ARASPE, GARDES
FLAMINIUS
Si pour moi vous êtes en colère, Seigneur, je n'ai reçu qu'une offense légère : Le sénat en effet pourra s'en indigner; Mais j'ai quelques amis qui sauront le gagner '.
PRUSIAS
Je lui ferai raison ; et dès demain Attale Recevra de ma main la puissance royale : Je le fais roi de Pont , et mon seul héritier. Et quant à ce rebelle, à ce courage fier, Rome entre vous et lui jugera de l'outrage : Je veux qu'au lieu d'Attale il lui serve d'otage; El pour l'y mieux conduire, il vous sera donné, Sitôt qu'il aura vu son frère couronné *.
Vous m'enverrez à Rome !
PRUSIAS
On t'y fera justice. Va , va lui demander ta chère Laodice ^.
J'irai , j'irai , seigneur, vous le voulez ainsi ; Et j'y serai plus roi que vous n'êtes ici.
' Autre ironie de Flaminius. (V.)
^ Pourquoi cette idée soudaine d'envoyer Nicomède Ix Rome? ell(! parait lii/arre. Flaminius ne l'a point demandé, il n'en a jamais été (piestion. Prusias est un peu comme les vieillard.s do comédie, qui prennent des résolutions outrées, ipiand on leur a reproché d'être trop faibles. Il est bien lâche dans sa colère de remettre son lits aine entre les mains de Flaminius, son ennemi. (V.)
-* Autre ironie, qui est dans Prusias le comble de la lâcheté et de l'avilissenienl. (V )