SCENE VJ
ATTALE
Atlale, était-ce ainsi que régnaient tes ancêtres^? Veux-tu le nom de roi pour avoir tant de maîtres ? Ah ! ce titre à ce prix déjà m'est importun : S'il nous en faut avoir, du moins n'en ayons qu'un. Le ciel nous l'a donné trop grand , trop magnanime, l'our souffrir qu'aux Romains il serve de victime. iMontrons-leur hautement que nous avons des yeux. Et d'un si rude joug affranchissons ces lieux. Puisqu'à leurs intérêts tout ce qu'ils font s'applique, Que leur vaine amitié cède à leur politique. Soyons à notre tour de leur grandeur jaloux , Et comme ils font pour eux faisons aussi pour nous^.
» Ce vers excellent est fait pour servir de maxime à jamais. (V.) * Tfichons (l'éviter ces phrases louches et embarrassées. (V.)
3 Dans ce monologue , qui prépare le dénoùment, on aime avoir le prince Attale prendre lesscnlimenfs qui conviennent au (ils d'un roi , qui va régner luiniénie : mais Flaminius lui a laissé très-prudonHnent voir que Kome hait INjcomèdc sans aimer AUale ; mai.s si Flaminius est un peu maladroit, AKale est un peu imprudent d'abandoimer loul d'un ((nip des prolecteurs tels que les Romains, qui l'ont éle\é, (|ui viennent de le couronner, et cela en faveur d'un prince qui l'a toujours traité avec; un mépris insultant qu'on ne pardonne jamais. Rien de tout cela ne parait ni naturel, ni bien conduit, ni intéressant; mais le monologue plait, parce qu'il est noble. Il esl toujours désagiéabic de voir un prince qui ne prend une résolution noble que parce qu'il s'aperçoit ()u'on l'a joué, cpi'on l'a méprisé : je ne sais s'il n'eut pas mieux valu qu'il eut puisé ces nobles sentiments dans son caractère , ù la vue des lâches intrigues qu'on faisait, même en sa faveur, contre son frère. (V.)
4 Et comme ila font pour eux Taisnns ausbi imur uoiu, ••«t encore du style comi(iue (V.)