‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 1065 sur 1093 · GS · texte numérisé non relu

GS

UNULPIIE.

Elle en veut apporter la réponse elle-même,

GRIMOALD

Quoi ! tu n'as su pour moi plus avant l'engager?

UNULPHE.

Seigneur! c'est assez dire à qui veut bien juger ; Vous n'en sauriez avoir une preuve plus claire. Qui demande à vous voir ne veut pas vous déplaire; Ses refus se seraient expliqués avec moi , Sans chercher la présence et le courroux d'un roi.

GRIMOALD

]\Iais touchant cet époux qu'Éduige ranime.'...

U^iULPHE.

De ce discours en l'air elle fait peu d'estime; L'artifice est si lourd, qu'il ne peut l'émouvoir, Et d'une main suspecte il n'a point de pouvoir.

GARIBALDE.

Kduige elle-même est mal persuadée D'un retour dont elle aime à vous donner l'idée; Et ce n'est qu'un faux jour qu'elle a voulu jeter Pour lui troubler la vue, et vous inquiéter. Riais déjà Rodelinde apporte sa réponse.

GRIMOALD

Ah ! j'entends mon arrêt sans qu'on me le prononce. Je vais mourir, Unulphe, et ton zèle pour moi T'abuse le premier, et m'abuse après toi.

UNULPHE.

Espérez mieux , seigneur.

Tu le veux, et j'espère.

Mais que cette douceur va devenir amère! Et que ce peu d'espoir ou tu me viens forcer Rendra rudes les coups dont on va me percer!

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