‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 1078 sur 1093 · PERTHARITE, ACTE IV, SCENE III · texte numérisé non relu

PERTHARITE, ACTE IV, SCENE III

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Vous m'aviez préparé vous-même à m'en défendre , Kt, me l'ayant promis, j'avais lieu de l'attendre, ('onsolez-vous pourtant, il a fait son effet : le suis à vous , madame , et j'y suis tout à fait.

Si je vous ai trahie, et si mon cœur volage Vous a volé longtemps un légitime hommage , Si pour un autre objet le vôtre en fut banni , Les maux que j'ai soufferts m'en ont assez puni. Je recouvre la vue, et reconnais mon crime : A mes feux rallumés ce cœur s'offre en victime ; Oui , princesse , et , pour être à vous jusqu'au t réi)os, Il demande un pardon qu'il ne mérite pas. Votre propre bonté qui vous en sollicite Obtient déjà celui de ce faux Pertharite. 1 1 n si grand attentat blesse la majesté ; Mais s'il est criminel , je l'ai moi-même été. J'aites grâce, et j'en fais; oubliez, et j'oublie, il reste seulement que lui-même il publie Par un aveu sincère , et sans rien déguiser, Que pour me rendre à vous il voulait m'abuser, Qu'il n'empruntait ce nom que par votre ordre même. Madame, assurez-vous par là mon diadème, Et ne permettez pas que cette illusion Aux mutins contre nous prête d'occasion. Faites donc qu'il l'avoue , et que ma grâce offerte , Tout imposteur qu'il est, le dérobe à sa perte; Et délivrez par là de ces troubles soudains Le sceptre qu'avec moi je remets en vos mains.

ÉDUIGE.

J'avais eu jusqu'ici ce respect pour ta gloire Qu'en te nommant tyran j'avais peine à me croire ; Je me tenais suspecte , et sentais que mon feu Faisait de ce reproche un secret désaveu : Mais tu lèves le masque, et m'ôtes de scrupule ; Je ne puis plus garder ce respect ridicule; l'.t. je vois clairement , le masque étant levé , l^Hie jamais on n'a vu tyran plus achevé, lu fais adroitement le doux et le sévère , Afin que la sœur t'aide à massacrer le frère : Tu fais plus , et tu veux qu'en trahissant son sort Lui-même il se condamne et se livre à la mort : Comme s'il pouvait être amoureux de la vie Jusqu'à la racheter par une ignominie , Ou qu'un frivole espoir de te revoir à moi Rie piU rendre perfide et lâche comme toi.

Aime-moi , si tu veux, déloyal ; mais n'espcre Aucun secours de moi pour t'immoler mon frère. Si je te menaçais tantôt de son retour, . Si j'en donnais l'alarme à ton nouvel amour, C'étaient discours en l'air inventés par ma flanunc Pour brouiller ton esprit et celui de sa fcuune. J'avais peine à te perdre, et parlais au hasard Pourleperdredu moins (pichpies moments plus laid; Et, ([iiand par ce retour il a yu nou:3 suritrcmlrc,

Le ciel m'a plus rendu que je n'osais allendrc.

GRIMOALD

Madame...

ÉDOIGE.

Tu perds temps ; je n'écoute plus rien , Et j'attends ton arrêt pour résoudre le mien. Agis , si tu le veux , en vainqueur magnanime ; Agis comme tyran , et prends celte victime : Je suivrai ton exemple , et sur tes actions Je réglerai ma haine ou mes affections. Il suffit à présent que je te désabuse Pour payer ton amour ou pour punir ta ruse. Adieu.

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