SCÈNE PREMIÈRE
ÉDUIGE, UNULPHE.
ÉDUIGE.
Quoi ! Grimoald s'obstine à perdre ainsi mon frère ! 1) imposture et de fourbe il traite sa misère! Kt , feignant de nie rendre et son cœur et sa foi , Il n'a point d'yeux pour lui ni d'oreilles pour moi !
U>ULPHE.
Madame, n'accusez que le duc qui l'obsède : Le mal , s'il en est cru , deviendra sans remède ; Kt si le roi suivait ses conseils violents, Vous n'en verriez déjà que des effets sanglants.
EDUIGE.
Jadis pour Grimoald il quitta Pertbarite ;
Kt , s'il le laisse vivre , il craint ce qu'il mérite.
UNULPHE.
Ajoutez qu'il vous aime, et veut par tous moyens Rattacber ce vainqueur à ses derniers liens; Que Rodelinde à lui , par amour ou par force, Assure entre vous deux un éternel divorce; Et, s'il peut une fois jusque-là l'irriter, Par force ou par amour il croit vous emporter. iMais vous n'avez, madame, aucun sujet de crainte; Ce liéros est à vous sans réserve et sans feinte , Kt...
ÉDUIGE.
S'il quitte sans feinte un objet si chéri , .■>ans doute au fond de l'âme il connaît son mari. Mais s'il le connaissait, en dépit de ce traître. Qui {)ourrait l'empêcher de le faire paraître.'
UNULPHE.
Sur le trône conquis il craint quelque attentat , Kt ne le méconnaît que par raison d'État. C'est un aveuglement qu'il a cru nécessaire; Kt comme Garibalde animait sa colère, De ses mauvais conseils sans cesse combattu, Il donnait lieu de craindre en(in pour sa vertu. Mais , madame , il n'est plus en état de le croire. Je n'ai pu voir longtemps ce péril pour sa gloire. Quelque fruit que le duc espère en recueillir, Je viens d'oter au roi les moyens de faillir. Pertbarite, en un mot, n'est plus en sa puissance. IMais ne présumez pas que j'aie eu l'imprudence De laisser à sa fuite un libre et plein pouvoir De se montrer au peuple et d'oser l'émouvoir. Pour fuir en sûreté je lui prête main-forto (Ju plutôt je lui donne une fidèle escorte . Oui , sous cette couleur de lui servir d'appui ,