‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 118 sur 1093 · LA VEUVE, ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

LA VEUVE, ACTE II, SCÈNE II

p:lie brûle, eî par quelque signe

Que son cœur s'explique avec moi ,

Je doute de ce que je voi ,

Parce que je m'en trouve indigne.

Espoir, adieu ; c'est trop flatté :

Ne crois pas que cette beauté

Daigne avouer de telles flammes ; Kt dans le juste soin qu'elle a de les cacher, Vois que si même ardeur embrase nos deux âmes , Sa bouche à son esprit n'ose le reprocher.

Pau\Te amant , vois par son silence

Qu'elle t'en commande un égal ,

Et que le récit de ton mal

Te convaincrait d'une insolence.

Quel fantasque raisonnement!

Et qu'au milieu de mon tourment

Je deviens subtil à ma peine !

Pourquoi m'imaginer qu'un discours amoureux Par un contraire effet change l'amour en haine , Et , malgré mon bonheur, me rende malheureux ?

Mais j'aperçois Clarice. O dieux ! si cette belle Parlait autant de moi que je m'entretiens d'elle ! Du moins si sa nourrice a soin de nos amours , C'est de moi qu'à présent doit être leur discours. Une humeurcurieuse avec chaleur m'emporte A me couler sans bruit derrière celte porte , Pour écouter de là , sans en être aperçu , En quoi mon fol espoir me peut avoir déçu. Allons. Souvent l'amour ne veut qu'une bonne heure : .lamais l'occasion ne s'offrira meilleure, Et peirt-être qu'enfin nous en pourrons tirer Celle que nous cherchons pour nous mieux déclarer.

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