‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 131 sur 1093 · CHRYSANTE, DORIS · texte numérisé non relu

CHRYSANTE, DORIS

CHRYSANTE

Je meure, mon enfant , si lu n'es admirable!

LA VRUVE, ACTE

Et ta dextérité nie semble incomparnhle. : Tu mérites de vivre après un si bon tour.

DORIS

Croyez-moi , qu'Alcidon n'en sait guère en amour; Vous n'eussiez pu m'entendre, et vous garder de rire. Je me tuais moi-même à tous coups de lui dire Que mon âme pour lui n'a que de la froideur, Kt que je lui ressemble, en ce que notre ardeur Ne s'explique à tous deux point du tout par la bouche ; Kiilin que je le quitte.

CHRYSANTE

Il est donc une souche , S'il ne peut rien comprendre en ces naïvetés. IVut-étre y mélais-tu quelques obscurités ?

DORIS

Pas une; en mots exprès je lui rendais son change , VA n'ai couvert mon jeu qu'au regard de Florange.

CHRYSANTE

De Florange ! et comment en osais-tu parler?

DORIS

Je ne me trouvais pas d'humeur à rien celer; IMais nous nous sûmes lors jeter sur l'équivoque.

CHRYSANTE

Tu vaux trop. C'est ainsi qu'il faut, quand on se mo- Que le moqué toujours sorte fort satisfait ; [que , Ce n'est plus autrement qu'un plaisir* imparfait, Qui souvent malgré nous se termine en querelle.

DORIS

Je lui prépare encore une ruse nouvelle

Pour la première fois qu'il m'en viendra conter.

CHRYSANTE

Mais , pour en dire trop , tu pourras tout gâter.

DORIS

N'en ayez pas de peur.

CHRYSANTE

Quoi que l'on se propose , Assez souvent l'issue...

DORIS

On vous veut quelque chose, Madame ; je vous laisse.

CHRYSANTE

Oui , va-t'en ; il vaut mieux Que l'on ne traite point cette affaire à tes yeux.

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