‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 164 sur 1093 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ARONTE, FLORICE.

Enfin je ne le puis : que veux-tu que j'y fasse? Pour tout autre sujet mon maître n'est que glace; Elle est trop dans son cœur; on ne l'en peut chasser, Et c'est folie à nous que de plus y penser. •T'ai beau devant les yeux lui remettre Ilippolyte, Parler de ses attraits , élever son mérite , Sa grâce, son esprit , sa naissance, son bien; Je n'avance non plus qu'à ne lui dire rien : L'amour, dont malgré moi son âme est possédée, Fait qu'il en voit autant , ou plus , en Célidée.

FLORICE.

Ne quittons pas pourtant ; à la longue on fait tout.

' « Le personnage de nourrice , qui est de la vieille comédie, « et que le manque d'actrices sur nos théâtres y avait conservé « jusqu'alors , alin qu'un homme le put repré.senler sous le « masque, se trouve ici métamorpliosé en celui de suivante, 'I (|u'une femme représente sur son visage. » { Corneille, dans r Examen de sa pièce. ) Ain.si les rôles de suivante ou de soubrette furent une nouveauté introduite authciltre par Corneille.

Page 1