‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 167 sur 1093 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

CÉLIDÉE, ARONTE.

CÉLIDÉE.

Que fait ton maître, Aronte ?

ARONTE.

Il m'envoie aujourd hui Voir ce que sa maîtresse a résolu de lui , Et comment vous voulez qu'il passe la journée.

CÉLIDÉE.

Je serai chez Daphnis toute l'après-dînée ;

Et s'il m'aime, je crois que nous l'y pourrons voir.

Autrement...

ARONTE.

Ne pensez qu'à l'y bien recevoir.

CÉLIDÉE.

S'il y manque, il verra sa paresse punie. Nous y devons dîner fort bonne compagnie ; J'y mène , du quartier, Ilippolyte et Chloris.

ARONTE.

Après elles et vous il n'est rien dans Paris ;

Et je n'en sache point, pour belles qu'on les nomme ,

Qui puissent attirer les yeux d'un honnête homme.

CÉLIDÉE.

Je ne suis pas d'humeur bien propre à t'écouter. Et ne prends pas plaisir à m'entendre flatter. Sans que ton bel esprit tache plus d'y paraître, Mêle-toi de porter ma réponse à ton maître.

ARONTE , seul.

Quelle superbe humeur! quel arrogant maintien ! Si mon maître me croit , vous ne tenez plus rien ; Il changera d'objet , ou j'y perdrai ma peine : Aussi bien son amour ne vous rend que trop vaine.

Page 1