‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 190 sur 1093 · ACTE III, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE III

Vous seriez tout un siècle à lui vouloir du bien , Sans que votre arrogante en apprît jamais rien. Puisque vous voulez feindre, il faut feindre à sa vue; Qu'aussitôt votre feinte en puisse être aperçue , Qu'elle blesse les yeux de son esprit jaloux,' Et porte jusqu'au cœur d'inévitables coups. Ce sera faire au vôtre un peu de violence ; Mais tout le fruit consiste à feindre en sa présence.

LYSANDBE.

Hippolyte , en ce cas , serait fort à propos ; Mais je crains qu'un ami n'en perdît le repos. Dorimant, dont ses yeux ont charmé le courage, Autant que Célidée en aurait de l'ombrage.

ABONTE.

Vous verrez si soudain rallumer son amour, Que la feinte n'est pas pour durer plus d'un jour ; Et vous aurez après un sujet de risée Des soupçons mal fondés de son âme abusée.

LYSANDBE.

Va trouver Célidée , et puis nous résoudrons , En ces extrémités , quel avis nous prendrons.

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