‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 207 sur 1093 · LA GALERIE DU PALAIS, ACTE IV, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

LA GALERIE DU PALAIS, ACTE IV, SCÈNE VIII

Qu'après les trahisons de ce couple indiscret , L'un meure de ma main , et l'autre de regret. Oui , la mort de l'amant punira la maîtresse; Et mes plaisirs alors naîtront de sa tristesse. Mon cœur, à qui mes yeux apprendront ses tourments, Permettra le retour à mes contentements ; Ce visage si beau , si bien pourvu de charmes , N'en aura plus pour moi, s'il n'est couvert de larmes. Ses douleurs seulement ont droit de me guérir; Pour me résoudre à vivre, il faut la voir mourir. Frénétiques transports, avec quelle insolence Portez-vous mon esprit à tant de violence ? Allez, vous avez pris trop d'empire sur moi ; Dois-je être sans raison , parce qu'ils sont sans foi.' Dorimant , Célidée , ami , chère maîtresse , Suivrais-je contre vous la fureur qui me presse .' Quoi 1 vous ayant aimés , pourrais-je vous haïr? [hir? Mais vous pourrais-je aimer, quand vous m'osez tra- Qu'un rigoureux combat déchire mon courage ! î\Ia jalousie augmente, et redouble ma rage; Mais, quelques fiers projets qu'ellejette en mon cœur, L'amour... ah! ce mot seul me range à la douceur. Celle que nous aimons jamais ne nous offense; Un mouvement secret prend toujours sa défense : L'amant souffre tout d'elle; et dans son changement. Quelque irrité qu'il soit, il est toujours amant. Toutefois , si l'amour contre elle m'intimide , Revenez, mes fureurs , pour punir le perfide ; Arrachez-lui mon bien ; une telle beauté IS'est pas le juste prix d'une déloyauté. Souffrirais-je , à mes yeux, que par ses artifices Il recueillît les fruits dus à mes longs services ? S'il vous faut épargner le sujet de mes feux. Que ce traître du moins réponde pour tous deux. Vous me devez son sang pour expier son crime : Contre sa lâcheté tout vous est légitime; Et quelques châtiments... Mais, dieux ! que vois-jeici ?

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