‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 208 sur 1093 · HIPPOLYTE, LYSANDRE · texte numérisé non relu

HIPPOLYTE, LYSANDRE

HIPPOLYTE

Vous avez dans l'egprit quelque pesant souci ; Ce visage enflammé , ces yeux pleins de colère. En font voir au dehors une marque trop claire. Je prends assez de part en tous vos intérêts Pour vouloir en aveugle y mêler mes regrets. Mais si vous me disiez ce qui cause vos peines...

LYSANDBE.

Ah! ne m'imposez point de si cruelles gênes; C'est irriter mes maux que de me secourir; La mort , la seule mort a droit de me guérir.

HIPPOLYTE

Si vous vous obstinez à m'en taire la cause,

Tout mon pouvoir sur vous n'est que fort peu de chose.

LYSANDBE.

Vous l'avez souverain , hormis en un seul point.

HIPPOLYTE

Laissez-le-moi partout, ou ne m'en laissez point. C'est n'aimer qu'à demi qu'aimer avec réserve; Et ce n'est pas ainsi que je veux qu'on me serve : I II faut m'apprendre tout , et lorsque je vous voi , Être de belle humeur, ou n'être plus à moi.

LYSANDRE

Ne perdez point d'efforts à vaincre mon silence ; Vous useriez sur moi de trop de violence. Adieu : je vous ennuie, et les grands déplaisirs Veulent en liberté s'exhaler en soupirs.

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