‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 255 sur 1093 · FLORAME, CÉLIE · texte numérisé non relu

FLORAME, CÉLIE

FLOBAME.

Enfin , quelque froideur qui paraisse en Florise, Aux volontés d'un frère elle s'en est remise.

CÉLIE

Quoiqu'elle s'en rapporte à vous entièrement ,

Vous lui feriez plaisir d'en user autrement.

Les amours d'un vieillard sont d'une faible amorce.

FLORAME

Que veux-tu ? son esprit se fait un peu de force ; Elle se sacrifie à mes contentements.

Et pour mes intérêts contraint ses sentiments. Assure donc Géraste , en me donnant sa fille , Qu'il gagne en un moment toute notre famille, Et que , tout vieil qu'il est, cette condition Ne laisse aucun obstacle à son affection. Mais aussi de Florise il ne doit rien prétendre, A moins que se résoudre à m'accepter pour gendre.

CÉLIE

Plaisez-vous à Daphnis ? c'est là le principal.

FLORAME

Elle a trop de bonté pour me vouloir du mal ;

D'ailleurs sa résistance obscurcirait sa gloire ;

Je la mériterais si je la pouvais croire.

La voilà qu'un rival m'empêche d'aborder;

Le rang qu'il tient sur moi m'oblige à lui céder;

Et la pitié que j'ai d'un amant si fidèle

Lui veut donner loisir d'être dédaigné d'elle.

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