AMARANTE, DAPHNIS
DAPHNIS
Amarante, vraiment vous êtes fort jolie;
Vous n'égayez pas mal votre mélancolie.
Votre jaloux chagrin a de beaux agréments ,
Et choisit assez bien ses divertissements :
Votre esprit pour vous-même a force complaisance
De me faire l'objet de votre médisance ;
Et , pour donner couleur à vos détractions ,
Vous lisez fort avant dans mes intentions.
AMARANTE
Jloi ! que de vous j'osasse aucunement médire !
DAPHNIS
Voyez-vous , Amarante, il n'est plus temps de rire. Vous avez vu mon père , avec qui vos discours M'ont fait à votre gré de frivoles amours. Quoi ! souffrir un moment l'entretien de Florame,
' Donner sur le rhume. —Gauchir sur le bal. Ces locnlions proverbiales , qui ne sont plus en usage aujourd'hui , peuvent 8'expliqut'r par ces vers de Molière :
En vain, pour attaquer son stiipide silence, De tous les lieux communs tous prenei l'assistance; Le beau temps, et la pluie , et le froid , et le chaud , Sont des fonds qu'avec elle on épuise hientôt.
MisiHiHKOTE, acte I, se. v
Gauchir est un vieux mot qui signitie se détourner du dtvit chemin.