‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 264 sur 1093 · AMARANTE, DAPHNIS · texte numérisé non relu

AMARANTE, DAPHNIS

DAPHNIS

Amarante, vraiment vous êtes fort jolie;

Vous n'égayez pas mal votre mélancolie.

Votre jaloux chagrin a de beaux agréments ,

Et choisit assez bien ses divertissements :

Votre esprit pour vous-même a force complaisance

De me faire l'objet de votre médisance ;

Et , pour donner couleur à vos détractions ,

Vous lisez fort avant dans mes intentions.

AMARANTE

Jloi ! que de vous j'osasse aucunement médire !

DAPHNIS

Voyez-vous , Amarante, il n'est plus temps de rire. Vous avez vu mon père , avec qui vos discours M'ont fait à votre gré de frivoles amours. Quoi ! souffrir un moment l'entretien de Florame,

' Donner sur le rhume. —Gauchir sur le bal. Ces locnlions proverbiales , qui ne sont plus en usage aujourd'hui , peuvent 8'expliqut'r par ces vers de Molière :

En vain, pour attaquer son stiipide silence, De tous les lieux communs tous prenei l'assistance; Le beau temps, et la pluie , et le froid , et le chaud , Sont des fonds qu'avec elle on épuise hientôt.

MisiHiHKOTE, acte I, se. v

Gauchir est un vieux mot qui signitie se détourner du dtvit chemin.

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