ACTE II, SCENE IIL i.l
Cessez ; ceci vous dit encor pis que ma lettre.
ANGÉLIQUE
S'il me dit mes défauts autant ou plus que toi , Déloyal , pour le moins il n'en dit rien qu'à moi : C'est dedans son cristal que je les étudie; Mais après il s'en tait , et moi j'y remédie ; Il m'en donne un avis sans me les reprocher. Et , me les découvrant, il m'aide à les cacher.
ALIDOB.
Vous êtes en colère, et vous dites des pointes ! Ne présumiez-vous point que j'irais, à mains jointes Les yeux enflés de pleurs , et le cœur de soupirs , Vous faire offre à genoux de mille repentirs? Que vous êtes à plaindre étant si fort déçue !
ANGÉLIQUE
Insolent! ôte-toi pour jamais de ma vue.
ALIDOR
Me défendre vos yeux après mon changement , Appelez-vous cela du nom de châtiment ? Ce n'est que me bannir du lieu de mon supplice ; Et ce commandement est si plein de justice , Que , bien que je renonce à vivre sous vos lois , Je vais vous obéir pour la dernière fois.