‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 315 sur 1093 · LA PLAGE ROYALE, SCÈNE II · texte numérisé non relu

LA PLAGE ROYALE, SCÈNE II

ALIDOR, CLÉAiNDRE.

CLÉANDBE.

Alidor!

ALTDOR.

Qui m'appelle?

CLÉANDllE.

Cléandre.

ALIDOR

Tu t'avances trop tôt.

CLÉANDBE.

Je me lasse d'attendre.

ALIDOR-

Laisse-moi , cher ami , le soin de t'avertir En quel temps de ce coin il te faudra sortir.

CLÉANDBE.

Minuit vient de sonner; et, par expérience, Tu sais comme l'amour est plein d'impatience.

ALIDOR

Va donc tenir tout prêt à faire un si beau coup ; Ce que nous attendons ne peut tarder beaucoup. Je livre entre tes mains cette belle maîtresse , Sitôt que j'aurai pu lui rendre ta promesse : Sans lumière, et d'ailleurs s'assurant en ma foi , Rien ne l'empêchera de la croire de moi. Après , achève seul ; je ne puis , sans supplice , Forcer ici mon bras à te faire service ; Et mon reste d'amour, en cet enlèvement , Ne peut contribuer que mon consentement.

CLÉANDRE

Ami, ce m'est assez.

ALIDOR

Va donc là-bas attendre Que je te donne avis du temps qu'il faudra prendre. Cléandre, encore un mot. Pour de pareils exploits Nous nous ressemblons mal, et de taille et de voix ; Angélique soudain pourra te reconnaître ; Regarde après ses cris si tu serais le maître.

CLÉANDRK.

Ma main dessus sa bouciie y saura trop pourvoir.

ALIDOR

Ami , séparons-nous , je pense l'entrevoir.

CLÉANDBE.

Adieu. Fais promptement.

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