CLÉANDRE, DORASTE, PHYLIS, LYCANTE
CLÉANDRE
Si vous n'êtes d'humeur, madame, à vous dédire. Tout me rit désormais , j'ai leur consentement. IMais excusez , monsieur, le transport d'un amant ; Et souffrez qu'un rival , confus de son offense , Pour en perdre le nom entre en votre alliance. Ne me refusez point un oubli du passé ; Et son ressouvenir à jamais effacé , Rannissant toute aigreur, recevez un beau-frère Que votre sœur accepte après l'aveu d'un père.
DORASTE
Quand j'aurais sur ce point des avis différents , Je ne puis contredire au choix de mes parents ; Mais, outre leur pouvoir, votre âme généreuse, Et ce franc procédé qui rend ma sœur heureuse , Vous acquièrent les biens qu'ils vous ont accordés Et me font souhaiter ce que vous demandez. Vous m'avez obligé , de m'ôter Angélique ; Rien de ce qui la touche à présent ne me pique : Je n'y prends plus de part, après sa trahison. Je l'aimai par malheur, et lahais par raison. Mais la voici qui vient, de son amant suivie.