MÉDÉE, ACTE IV, SCÈNE I
Et que leur cher objet entretenant ma flamme, ïe présente à mes yeax aussi bien qu'à mon àme.
JASON
Ah ! reprends ta colère , elle a moins de rigueur. M'eiilever mes enfants , c'est m'arracher le cœur ; Et Jupiter tout prêt à m'écraser du foudre, Mon trépas à la main, ne pourrait m'y résoudre. C'est pour eux que je change; et la Parque, sans eux, Seule de notre hymen pourrait rompre les nœuds.
MÉDÉE
Cet amour paternel , qui te fournit d'excuses, Me fait souffrir aussi que tu me les refuses ; Je ne t'en presse plus; et prête à me bannir. Je ne veux plus de toi qu'un léger souvenir.
JASON
Ton amour vertueux fait ma plus grande gloire ; Ce serait me trahir qu'en perdre la mémoire : Et le mien envers toi , qui demeure éternel , T'en laisse en cet adieu le serment solennel . Puissent briser mon chef les traits les plus .sévères Que lancent des grands dieux les plus âpres colères ; Qu'ils s'unissent ensemble afin de me punir, Si je ne perds la vie avant ton souvenir !