‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 357 sur 1093 · MÉDÉE, NÉRINE · texte numérisé non relu

MÉDÉE, NÉRINE

MÉDÉE

J'y donnerai bon ordre : il est en ta puissance D'oublier mon aujour, mais non pas ma vengeance; Je la saurai graver en les esprits glacés Par des coups trop profonds pour en être effacés ' .

Il aime ses enfants, ce courage inflexible : Son faible est découvert ; par eux il est sensible , Par eux mon bras , armé d'une juste rigueur, Va trouver des chemins à lui percer le cœur.

NÉDINE.

Madame, épargnez-les, épargnez vos entrailles; N'avancez point par là vos propres funérailles : Contre un sang innocent pourquoi vous irriter, Si Creuse en vos lacs se vient précipiter? Elle-même s'y jette , et Jason vous la livre.

MÉDÉE

Tu flattes mes désirs.

NÉRINE

Queje cesse de vivre,

sion forcenée di; régner, on ne la pourrait pas souffrir : et que si elle n'était pas punie , la pièce ne pourrait être jouée. ( V. )

' Celte idée déteslai)le de tuer ses propres enfants pour se venger de leur père , idée un peu soudaine , et qui ne laisse voir | que l'atrocité d'une venj^eance révoltante, sans qu'elle soit ici coiu])atlue par les ini)ii\(lres remords, est encore prise de Séneque, dont Corneille a imité les beautés et les del'auls. ( V. )

Si ce queje vous dis n'est pure vérité!

Ah ! ne me tiens donc plus l'âme en perplexité!

NÉRINE

Madame, il faut garder que quelqu'un ne vous voie, Et du palais du roi découvre notre joie : Un dessein éventé succède rarement.

MÉDÉE

Rentrons donc, et mettons nos secrets sûrement.

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