LE CID , ACTE V, SCÈNE IV
L infante.
Mon inclination a bien changé d'objet.
Je n'aime plus Rodrigue, un simple gentilhomme ;
Non , ce n'est plus ainsi que mon amour le nomme :
Si j'aime, c'est l'auteur de tant de beaux exploits.
C'est le valeureux Cid, le maître de deux rois.
Je me vaincrai pourtant, non de peur d'aucun bhinie,
Mais pour ne troubler pas une si belle flamme ;
Et quand pour m'obliger on l'aurait couronné.
Je ne veux point reprendre un bien que j'ai donné.
Puisqu'en un tel combat sa victoire est certaine,
Allons encore un coup le donner à Chimène.
Et toi , qui vois les traits dont mon cœur est percé ,
Viens me voir achever comme j'ai commencé.