‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 47 sur 1093 · LISIS, CHLORIS · texte numérisé non relu

LISIS, CHLORIS

tisis.

N'en doute plus , Chloris , ton frère n'est point mort; Mais ayant su de lui son déplorable sort, Je voulais éprouver, par cette triste feinte, Si celle qu'il adore , aucunement atteinte , Deviendrait plus sensible aux traits de la pitié Qu'aux sincères ardeurs d'une sainte amitié. Maintenant que je vois qu'il faut qu'on nous abuse. Afin que nous puissions découvrir cette ruse , Et que Tircis en soit de tout point éelairci , Sois sûre que dans peu je te le rends ici. ]\Ia parole sera d'un prompt effet suivie : Tu reverras bientôt ce frère plein de vie ; C'est assez que je passe une fois pour trompeur.

Si bien qu'au lieu du mal nous n'aurons que la peur? Le cœur me le disait. Je sentais que mes larmes Refusaient de couler pour de fausses alarmes, Dont les plus dangereux et plus rudes assauts Avaient beaucoup de peiae à m'émouvoir à faux; Et je n'étudiai cette douleur menteuse Qu'à cause qu'en effet j'étais un peu honteuse Qu'une autre en témoignât plus de ressentiment.

LISlS.

Après tout, entre nous , confesse franchement Qu'une fille en ces lieux, qui perd un fi-cre unique, Jusques au désespoir fort rarement se pique : Ce beau nom d'héritière a de telles douceurs , Qu'il devient souverain à consoler des sœurs.

CHLORIS

Adieu , railleur, adieu : son intérêt me presse D'aller rendre d'un mot la vie à sa maîtresse; Autrement je saurais t'apprendre à discourir.

LISIS

Et moi , de ces frayeurs de nouveau te guérir.

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