‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 48 sur 1093 · CLITON, LA NOURRICE · texte numérisé non relu

CLITON, LA NOURRICE

CLITON

Je ne t'ai rien celé ; tu sais toute l'affaire.

LA NOURRICE

Tu m'en as bien conté. Mais se pourrait-il faire; Qu'Éraste eût des remords si vifs et si pressants Que de violenter sa raison et ses sens.'

Eût-il pu , sans en perdre entièrement l'usage , Se figurer Caron des traits de mon visage , Et de plus , me prenant pour ce vieux nautonier, Me payer à bons coups des droits de son denier ?

LA NOUREIGE.

Plaisante illusion !

CLITON

Mais funeste à ma tête , Sur qui se déchargeait une telle tempête , Que je tiens maintenant à miracle évident Qu'il me soit demeuré dans la bouche une dent.

LA NOURRICE

C'était mal reconnaître un si rare service. ÉRASTE , derrière le théâtre.

Arrêtez , arrêtez , poltrons !

CLITON

Adieu, nourrice.

Voici ce fou qui vient , je l'entends à la voix ; Crois que ce n'est pas moi qu'il attrape deux fois.

LA NOURRICE

Pour moi , quand je devrais passer pour Proserpine , Je veux voir à quel point sa fureur le domine.

CLITON

Contente , à tes périls , ton curieux désir.

LA NOURRICE

Quoi qu'il puisse arriver, j'en aurai le plaisir.

32 MÉLITE, ACTE

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