A MONSEIGNEUR LE CARDINAL DUC DE RICHELIEU
Monseigneur,
Je n'aurais jamais eu la témérité de présenter à Votre Éminence ce mauvais portrait d'Horace, si je n'eusse considéré qu'après tant de bienfaits ^ que j'ai reçus d'elle, le silence où mon respect m'a retenu jusqu'à présent passerait pour ingratitude, et que, quelque juste défiance que j'aie de mon travail, je dois avoir encore plus de confiance en votre bonté. C'est d'elle que je liens tout ce que je suis; et ce n'est pas sans rougir que, pour toute reconnaissance, je vous fais un présent si peu digne de vous, et si peu proportionné à ce queje vous dois. Mais, dans cette confusion, qui m'est commune avec tous ceux qui écrivent, j'ai cet avantage qu'on ne peut, sans quelque injustice, condamner mon choix, et que ce généreux Romain, que je mets aux pieds de Votre Éminence, eût pu paraître devant elle avec moins tle honte , si les forces de l'artisan eussent répondu à la dignité de la matière : j'en ai pour garant l'auteur dont je l'ai tirée, qui commence à décrire cette fameuse histoire par ce glorieux éloge, « qu'il n'y a presque aucune chose plus noble dans « toute l'antiquité. » Je voudrais que ce qu'il a dit de l'ac tien se pût dire de la peinture que j'en ai faite, non pour en tirer plus de vanité, mais seulement pour vous offrir quelque chose un peu moins indigne de vous être offert. Le sujet était capable de plus de grâces, s'il eût été traité d'une main plus savante; mais du moins il a reçu de la. mienne toutes celles qu'elle était capable de lui donner, et
' C'est le titre que Corneille donna toujours à celte tragédie. Celui des lloraces a prévalu depuis dans la conversation et sur les afliches des spectacles. Ainsi, l'usage étend son empire même sur des objets qui ne sont pas de sa compétence. (P.) , Si on reprocha à Corneille d'avoir pris dans des Espagnols les beautés les plus touchantes du Cid, on dut le louer d'avoir transporte sur la scène française, dans les Horaces, les morceaux les plus éloquents de Tite-Live, et même de les avoir eml)ellis. On sait que quand on le menaça d'une seconde critique sur la tragédie des Horaces, semblable à celle du Cid, il répondit : Il Horace fui condamné par les duumvirs, mais il fut « absous par le peuple. » Horace n'est point encore une tragédie régulière , mais on y \-erra des beautés d'un genre supérieur. (V.)
^ Ce mol &!»■»/>/ /7.f fait voir que le cardinal deRicholieu savait récompenser en premier ministre ce méma talent qu'il avait un peu persécuté dans l'auteur du Cid. (V )
qu'on pouvait raisonnablement attendre d'une muse do province ', qui, n'étant pas assez heureuse pour jouir souvent des regards de Votre Éminence, n'a pas les mêmes lumières à seconduii e qu'ont celles qui en sont continuellement éclairées. Et certes, Monseicneuk, ce changement visible qu'on remanjue en mes ouvrages depuis que j'ai l'honneur d'être * à Votre Éminence, qu'est-ce autre chose (pi'un efTel des grandes idées (pi'elle m'inspire quand elle daigne souffrir queje lui rende mes devoirs; et à quoi peut-on attribuer ce qui s'y mêle de mauvais, qu'aux teintures grossières que je reprends quand je demeure abandonné à ma propre faiblesse.^ 11 faut, Monseigneur, que tous ceux (pii donnent leurs veilles au théâtre publient hautement avec moi que nous vous avons deux obligations très-signalées : l'une, d'avoir ennobli ^ le but de l'art; l'autre, de nous en avoir
' Corneille demeurait à Rouen, et ne venait à Paris que pour y faire jouer ses pièces, dont il tirait un prolit qui ne répondait point du tout à leur gloire , et à l'utilité dont elles étaient aux comédiens. (V.)
^ Je ne sais ce qu'on doit entendre par ces mots , être à Votre Éminence. Le cardinal de Richelieu faisait au grand Corneille une pension de cinq cents écus, non pas au nom du roi , mais de ses propres deniers. Cela ne se pratiquerait pas aujourd'hui : peu de gens de lettres voudraient accepter une pension d'un autre que de Sa Majesté, ou d'un prince. Mais il faut considérer que le cardinal de Richelieu était roi en quelque façon; il en avait la puissance et l'appareil.
Cependant une pension de cinq cents écus, que le grand ("ornellle fut réduit à recevoir, ne parait pas un titre suftisant pour qu'il dit, J\n Vhonncur d'élre à Foire Éminence. (V.)
3 Cette phrase est assez remanjuable : ou elle est une ironie , OU elle est une flatterie qui semble contredire le caractère qu'on attribue à Corneille. Il est évident qu'il ye croyait pas que l'ennemi du Cid et le protecteur de ses ennemis eût un goût si sûr. 11 était mécontent du cardinal , et il le loue ! Jugeons de se» vrais sentiments par le sonnet fameux (ju'il fit après la mort de Louis XIII :
Sous ce marbre repose un monarque sans vice , Dont la seule bonté déplut aux bons François; Ses erreurs, ses écarts, vinrent d'un mauvais choix , Dont il fut trop longtemps innocemment complice.
L'ambition, l'orgueil , la haine, l'avarice, Armés de son pouvoir, nous donnèrent des lois; Et, bien qu'il fût en soi le plus juste di-s rois. Son règne fut toujours celui de l'injustice.
Fier vainqueur au dehors, vil esclave en sa cour.
Son tyran et le nûtre à peine perd le Jour,
Que jusque dans sa tombe il le force a le suivre;
EXCERPTA E TITO LIVIO
facilité les connaissances. Vous avez ennobli le but de l'art, puisque , au lieu de celui de plaire au peuple que nous prescrivent nos maîtres, et dont les deux plus honnêtes gens de leur siècle , Scipiou et La4ie , ont autrefois protesté de se contenter, tous nous avez donné celui de vous plaire et de vous divertir ; et qu'ainsi nous ne rendons pas un i>etit service à l'État, puisque, contribuant à vos divertissements, nous contribuons à l'entretien d'une santé qui lui est si précieuse et si nécessaire. Vous nous en avez facilité les connaissances , puisque nous n'avons plus besoin d'autre éluile pour les acquérir que d'attacher nos yeux sur Votre Éminence quand elle honore de sa présence et de son attention le récit de nos poèmes. C'est là que, lisant sur son visage ce qui lui plaitetce qui ne lui plaît pas, nous nous instrui-sons avec certitude de ce qui est bon et de ce qui est mauvais, et tirons des règles infaillibles de ce qu'il faut suivre et de ce qu'il faut éviter : c'est là que j'ai souvent appris en deux heures ce que mes livres n'eussent pu m'appreudre en six ans; c'est là que j'ai puisé ce qui m'a valu l'applaudissement du public; et c'est là qu'avec votre faveur j'espère puiser assez pour être un jour une œuvre digne <le vos mains. Ke trouvez donc pas mauvais, MonsEicNF.ir. , que, pour vous remercier de ce que j'ai de réputation, dont je vous suis entièrement redevable, j'em- [irunte quatre vers d'un autre Horace que celui que je vous présente, et (jue je vous exprime p?r eux les plus véritables sentiments de mon àme :
Tolum mnneris hoc tui est, Quod motistror digito prœlcreiintium
Scenœ non levis ariifex :
Quod spiro et placeo, si placco, tuutn est.
J e n'ajouterai qu'une vérité à celle-ci, en vous .suppliant du croire que je suis et serai toute ma vie, très-passionnément'.
Monseigneur ,
i»e votre éminence,
Votre très-humble, très-obéissant, et très-obligé serviteur,
Et p.ir cet ascendant ses projets confondus, Après trente-trois ans sur le trône perdus, Commençant à régner, il a cessé de vivre.
Le sonnet a des beautés ; mais avouons que ce n'était pas à un pensionnaire du cardinal à le faire , et qu'il ne fallait ni lui pro- <!iguer tant de louanges pendant sa vie, ni l'outrager après sa mort. (V.)
La vérité échappait enlin à Corneille; et Richelieu , qui l'avait persécuté , ne méritait pas de sa part plus de ménagement. Voltaire devait être ici plus indulgent que personne. ( P.)
' Cette expression passion ncnwnt montre combien tout dépond des usages. Je suis passionncment csl aujourd'huila formule dont les supérieurs se servent avec les inférieurs. Les Romains ni les Crecï ne connurent jamais ce protocole de la V anilé : il a toujours changé parmi nou.s. Celui qui fait cette rejn;in(ue est le premier qui ait supprimé les furmules dans les iépitres dédicatoires de ce genre; et on commence à s'en abstenir. Ces épilrcs, en effet, é( int souvent des ouvrages raisonnes, ne doivent point finir comme un ouvrage ordinaire. ( V )
EXCERPTA E TITO LIVIO
Titus Livius, lib. primo, cap. 23 etscq.
Bellum ulrmque summa ope parabatur, civili bimillimum bello, prope inter parentes natosijue, Trojanam utramque piolem, cum Laviniam ab Troja, ah Laviuio Alba, ab Albanorum stirpe reguin oriundi Romani essent. Eventus tamen bclli minus miserabilem dimicationem fecit, quod nec acie certatum est, et tecîis modo dirutis alterius urbis, duo populi in unum confusi suut. Albani priores ingenli exercitu in agruni romanum impetum feceie : castra ab urbe haud plus quinque millia passuum locant, fossa circumdant. Fossa Cluilia ab nomine ducis per aliquot secula appellata est, donec cum re nomen quoque vetustate abolevit. In bis castris Cluilius Albanus rex moritur. Dictatorem Albani Metiura Sufietium créant. Intérim ïuUus ferox prajcipue morte régis magnumque deoruni numcn ab ipso capite orsmn, in omne nomen Albanum expetiturum pœnas ob bellum ùnpiuin diclitans, nocte prœteritis hostium castris , infesto exercitu in agrum Albanum pergiL Ea res ab stativis excivit Meliuin, is ducit exercitum quain proxime ad hostem potest, inde legatum pra'inissuiïi nunciare TuUo jubet, priusquam dimicent, opus esse C(illoquio : si secum cougressus sit , salis scire ea se allaturuiu , quœ nihilo minus ad rem Romanam , quam ad Albanam pertineant. Haud aspernatus TuUus , tamelsi vana afferrentur, suos in aciem ducit; exeunt contra et Albani. Postquam instructi utrinque stabant, cum paucis proceruin in médium duces procedunt. Ibi inlit Albanus : « In- « jurias, et non redditas res ex fœdere qute repelitœ suntj « et, ego regem nostrum Cluilium causam hujusce esse t< belli audisse videor, nec te dubito, ïulle, eadem pi a; te « ferre. Sed si vera potius quam dictu speciosa diccnda « sunt, cupido imperii duos cognatos vicinosque populos « ad arma stimulât; neque recle an perperam inlerpretor, « fuerit ista ejus deliberatio qui bellum suscepit : me Al- « baui gereudo bello ducem creavere. Illud te. Tulle , mo- « nitum vehm : Etrusca res quanta circa nos teque maxime 'i sit, quo propior es Volscis, hoc magis scis : multum illi » leira, plurimum mari pollent. Memor esto, jain cum « signum pugnœdabis, bas duas acies spectaculo fore, \it « fessos confectosque, simul victorem ac vicluin aggre- « diantur. Itaque, si nos dii amant, quoniam non cou- « tenli libertate certa , in dubiam imperii , servitiique aleam « imus, ineaiuus aliquam viam, qua utri utris impercnt, « sine magna clade , sine multo sanguine utriusque po[)uli « decerni possit. » Haud displicet res Tullo, quamquam tum indole animi, tum spe victoiiœ fcrocior erat. Quaerentibus utrinque ratio initur, cui et foituna ipsa i)iiL'buJt maleriam.
Forte in duobus tum exercitibus erant tergemini fialres nec a;tate, nec viribus dispares. Horatios Curiatiosque fuisse satis constat, nec ferme res antiqua alia est norii.ior; tamen in re tain clara nominum error manet , ulriiis populi Hoialii, ulrius Curiatii fiierint. Auctores ulroque trahunt : jiluies tamen invenio, qui Romanos Horatios vocenl : hos ut sequai", inclinât animus. Cum leige-
EXCERPTA E TITO LIVIO
itiinis agiiiit lOgeR, ut pro sua (jnisf|tu' pallia dimioct forrn, ilii iinperiiiin fore, «ndc Victoria fiicrit. Niliil reciisalur, fempus et lociis convenit. Priusquam diiuicarciU, fu'diis ic- Idiu iiiler lîomanos et Albanos est liis legibiis : Ut cujus popiili cives eo certamiue vicissent, is alteri populo cura l)ona pace iniperilaret....
Fœdcre icto, tergeraini (sicut conveiierat) arma capiunt. Ciim sui utrosque abliorlarentur, deos palrios, patriam ac pareilles, quicquid civiui» doini, ipàcquid in exercitu sit, illorum tiinc ainia', iiloruiii intiieri manus, féroces et j suopte ingenio, et pleni adliortantiiim vocihns, in médium inter dnas acies procedunt. Consederant ntrinqiie pro cas- j tris duo exercitus, pcriculi magis pr.Tsenlis, quam curai ; expertes : quippe iniperium agebatur, in tani paucorum ! virlute atqne fortuna positum. Itaque erecll suspensique in minime gratum spectaculum animo intendunlur. Datur signum : infestisque armis, velut acies, terni juvenes magnorum exercituum animes gerentcs concurrunt. Nec bis, nec iliis periculuni siium sed pul)licum impeiium, serviliunKiue observatur animo, fulnra(iue ea deinde patriœ fortuna, quam ipsi fecisscnt. Ut primo statim concursu increpuere arma, micantesque fulserc gladii, liorror ingens spe<;(anles perslringit, et neutro inclinatu spe, tc;pei)at \ox siiirilusque. Consertis deinde manibus, cum jam non motus tantum ctirporum, agitatioque anceps lelorum armorumijue, sed vulnera quoque et sanguis spectaculo fissent, duo Romani, super aliuni alius, vubieratis tribus Albanis, expirantes corruerunt. Ad quorum casum cum clamasset gaudio Ali)anus exercitus, Romanas legiones jam speslota, nondum lamen cura deseruerat, exanimes vice unius, (juem très Curiatii circumsteterant. Forte is inleger fuit, ut universis solus neqnaquani par, sic adversus singuJos ferox. Ergo ut segregaret pugnam eorum , capcscit fugam, ita ratus secuturos, ut quemque vuinere affectum corpus sineret. Jam aliquanlum spalii ex eo loco, ubi pugnatuni est, aufugerat, cum respiciens videt magnis inlervallis, sequentes, unum baud procul ab sese abesse, in eum magno impetu rcdiit. Et dum Albanus exercitus inclamat Curiatiis, uli openi ferant fratri, jam Iloratius ceso boste, victor secundam pugnam peteliat. Tune clamore ( qualis ex insperato favenlium solet) Romani adjuvant mUitem suum : et ille defungi prœlio festinat. Piius itarpie (piam aller, qui nec procul aberat, conscqui posset, et ailerimi Curialiiim conficit. Jamque «X'quato Marte singuli supererant, sed nec spe, nec viribus pares : al lerum intaclum ferre corpus, et geminata Victoria ferocem in cerlamen Icrtium dabant, aller fessum vuinere, fcssum cursu trali«!iis corpus, victuscjuc fratrum anle se slragc, viclori olijicitur bosti. Nec illud pr.elium fuit. Romanus exsnllans, « Duos, inquit, fratrum manibus dedi, tertium « causa; belli bujusce , ut Romanus Albano imperot , dabo. » Malc suslincnti arma gladium suiierne jugulo deligit, jaccntem spoliât. Romani ovantes ac gratulanles Horalium accipiunt : eo majore cum gaudio, quo propius metum res fucrat. Ad sepulturam inde siiornm nequaquam paribus animis vertuntur : quippe imperio alteri ancti, alteri ditionis aliéna' facti. Sepulcra exslanl, quo quisque loco cecidil : duo Roniana uno loco propius Albam, tria Aii)ana, Romain versus ; sed distantia locis , et ut pugnatinn est.
Priusquam inde digredercnlur, roganti Mulio ex fudere
icto, qnid impcraret, imperat Tullus, nii jnvenlnteni ii, armis liabeat, usurum se eorum opéra, si bellum cum Ve- Jentibus foret, lia exercitus inde domos abducti. l'rinceps Horatius ibat lergemina spolia praj se gerens, oui soror virgo, quiB desponsata uni ex Curiatiis fuerat, obviani ante portam Capenam fuit; cognitoque super bumeros fratris paludamcnto sponsi, quod ipsa confecerat, solvit crines, et débiliter nomine sponsum mortuum a[ipellal. Movet feroci juveni animimi comploralio sororis in victo ria sua , tanloque gaudio publico. SIricto ilaiiue gladio, simul verbis increpans, translîgit puellam. « Abi bine cum « immaturo amore ad sponsum, inquit, oblita fratrum «mortuorurn, vivique, oblita patria-. Sic eat, (|u;ecuin- « que Romana lugebit bostem. » Atrox visum id facimis patribus, plebique, sed recens meritum facto oljslabat : tamen raptus in jus ad regem. Rex , ne ipsc tani ti istis ingratique ad vulgus judicii, aut secundum judicium supplicii auctor esset, concilio populi advocato. « Duumviros, « inquit, qui Iloralio perduellionem judicent secundimi '< legem, facio. Lcx horrcndi carminis erat, duum\iri « perduellionem judicent. Si a duumviris provocarit, pro- » vocalione certato : si Vincent, caput obnubilo, infelici « arbori reste suspendito , verbcrato, vel intra i^omiprium, « vel extra pomœrium. » Hac legc duumviri creali , (jui se absolvere non rebanlur ea lege ne innoxium quidem possc. Cum condemnassent , tum aller ex bis, » P. Ilorali, liiii « perduellionem judico, inquit: l, lictor, colliga manus. » Accesserat lictor, injiciebatque latiueum : tum Horatius, auctore Tulio, clémente legis inter[)retc : Provoco, in(init. Ita de provocatione certatum ad populum est. Moti lioinines sunt in eo judicio, maxime P. Horatio paire proclamante se fdiam jure cœsam judicare : ni ita esset, patrio jure in fdium animadversurum fuisse. Orabat deinde; ne se, quem paulo ante cum egregia stirpe conspexissent, orbum liberis facerent. Inter bœc senex juvenem anqiiexus, spolia Curiatiorum fixa eo loco, qui nunc Pila Iloratia appellatur, ostentaus : « Hunccine, aiebat, (juem modo de- « coratum , ovantemque Victoria, incedenlem vidistis, Qui- « rites , eum sub furca vincluin inter verbei a et cruciatus « videre potestis? qnod vix Albanorum ocuji tam déforme » spectaculum ferre possent. I, lictor, colliga njanjus, quœ » paulo anle armala?, imperium populo Romano pepe- « rerunt. I , caput obnubc libcraloris uibis biijus : aibori « infelici susjjcnde : verbera, vel intra iiouurrium, modo '< inter illa pila et spolia boslium : vel extra j)oni(erium, '<■ modo inter sei)ulcra Curiatiorum. Quo eniui duccre « Inmc juvenem potestis, ubi non sua décora eum a tanta « fœditate supplicii viudicenl? » Non lujit popidus nec patris lacrymas, necipsius parem in omni periculoanimum : absolverunt(iue admiratione magis virtntis, ((uaui jure cansœ. Itaque ut Ciodes manifesta aliipio lamen piacido lueretur, imperalimi patri, ut lUium expiaret |>ecunia publica. Is quibusdam piacularibus sacriliciis factis, qmu deinde genli Jforati.e Iradita sunt, transmis.so |)er viam tigillo, capile adoperto, velut sub jugum misit juvenem. Id liodie publiée (iuo(iue semiier refeclum manet : sororium tigillum vo(;ant. Ilorali;e sepuicrum, <pio loco corruerat icta, conslruclum est saxo ciuadrato.