LE VIEIL HORACE, HORACE, CURJACE
HOBACE.
Mon père, retenez des femmes qui s'emportent. Et , de grâce , empêchez surtout qu'elles ne sortent. Leur amour importun viendrait avec éclat Par des cris et des pleurs troubler notre combat ; Et ce qu'elles nous sont ferait qu'avec justice On nous imputerait ce mauvais artifice; L'honntur d'un si beau choix serait trop acheté , Si l'on nous soupçonnait de quelque lâcheté.
LE VIEIL HORACE
J'en aurai soin. Allez , vos frères vous attendent ; Ne pensez qu'aux devoirs que vos pays demandent '.
CUIilACE.
Quel adieu vous dirai-je? et par quels compliments....
LE VIEIL HORACE
Ah ! n'attendrissez point ici mes sentiments ; Pour vous encourager ma voix manque de termes ; Mon cœur ne forme point de pensers assez fermes ; Moi-même en cet adieu j'ai les larmes aux yeux^ Faites votre devoir, et laissez faire aux dieux ^.
• Des pays ne demandent point des devoirs; la pairie impose des devoirs ; e\le en demande l'accomplissement. (V.)
* CeUe larme paternelle qui tombe des yeux de l'inflexible ^i('iliard touche cent fois plus que les plaintes superflues des deux femmes. On reconnaît ici la vérité de ce qu'a dit Voltaire, que l'amour n'est point fait pour la seconde place. (L\ H.)
^ J'ai cherché dans tous les anciens et dans tous les théâtres étrangers une situation pareille, un pareil mélange de {grandeur d'àme, de douleur, de bienséance, et je ne l'ai point trouvé : je remarquerai surtout que chez les Grecs il n'y a rien dans ce goût. (V.)