‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 508 sur 1093 · LE VIEIL HORACE, CAMILLE · texte numérisé non relu

LE VIEIL HORACE, CAMILLE

LE VIEIL HORACE

Ma fille , il n'est plus temps de répandre des pleurs = , Il sied mal d'en verser où l'on voit tant d'honneurs ; On pleure injustement des pertes domestiques , Quand on en voit sortir des victoires publitjues ^.

de serviteur, ofjlcc d'homme intéressé; mais non qfjlce de douleur it de Joie. ( V.)

■ Ici la pièce est finie, Taction est complètement terminée. Il .s'agissnitde lavicloire.et elleest remportée; du destin de Rome, et il est décidé. (V.)

' Voici donc une autre pièce qui commence; le sujet en est Lien moins grand , moins intéressant , moins théâtral que celui de la^première. Ces deux actions diltérenles ont nui au succès complet des lloraces. Il est vrai qu'en Espagne, en Angleterre , ou joint quelquefois plusieurs actions sur le théâtre : on repré.senle dans la même pièce la mort de César et la bataille de Pliilipi>es. Nos musas colimus scvcriores.

Qu'en un lien , (ju'cn nn jour, nn seul fait ncconipli Tienne jusqu'à lit fin le théâtre rempli.

Remarquez que Camille a été si inutile sur la tin de la première pièce , qu'elle n'a proféré qu'un hélas pendant le récit de la mort de Curiace.

Remarquez encore que le vieil Horace n'a plus rien à dire , et qu'il perd le temps à répéter à Camille qu'il va consoler Sabine. (V.)

^ Des victoires qui sortent font une image peu convenable; on ne voit point sortir des victoires comme on voit sortir des troupes d'une ville. ( V.)

Ce vers nous parait très-beau. Sortir c&l ici au figuré, et devient l'équivalent de naitre. On se console aisémenl d'une perle dontoD \oitnallrede grands avantages : voilà ce que Corneille a exprimé en poète, et ce qui nous semble très-heureusement exprimé. 11 savait bien qu'on ne voit pas sortir des victoires eomme on voit sortir des troupes d'une ville; une idée aussi

Rome triomphe d'Albe , et c'est assez pour nous ; Tous nos maux à ce prix doivent nous être doux. En la mort d'un amant vous neperdoz qu'un homme ' Dont la perte est aisée à réparer dans Rome ; Après cette victoire , il n'est point de Romain Qui ne soit glorieux de vous donner la main. Il me faut à Sabine en porter la nouvelle; Ce coup sera sans doute assez rude pour elle , Et ses trois frères morts par la main d'un époux Lui donneront des pleurs bien plus justes qu'a vous * \ Mais j'espère aisément en dissiper l'orage, Et qu'un peu de prudence aidant son grand courage Fera bientôt régner sur un si noble cœur Le généreux amour qu'elle doit au vainqueur. Cependant étouffez cette lâdie tristesse; Recevez-le , s'il vient , avec moins de faiblesse ; Faites-vous voir sa sœur, et qu'en un même liane. Le ciel vous a tous deux formés d'un même sang ^.

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