‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 517 sur 1093 · HORACE, TROUPE DE GARDES · texte numérisé non relu

HORACE, TROUPE DE GARDES

LE VIEIL HORACE

Ah ! sire, un tel honneur a trop d'excès pour moi ; Ce n'est point en ce lieu que je dois voir mon roi : Permettez qu'a genoux...

TULLE

Non , levez-vous , mon père.

Je fais ce qu'en nia place un bon prince doit faire. Un si rare service et si furt important i Veut l'honneur le plus rare et le plus éclatant.

{montrant I alèrr.) Vous en aviez déjà sa parole pour gage ; Je ne l'ai pas voulu différer davantage.

' Une action est lionfeuse, mais la main ne l'est pas; elle est S()uili(';c, «;oii|>.il>le,f'(c. (V.)

' Lflchi't.e... liiii/.alim'Ht. .S'il a et»! lâche et lunl.'»!, ponrf|uoi parlait il h sa feinnic de la vertu avec laquelle il avait tué .sa iœur? (V )

■* Est nulli , expression qui doit iMic bannie des vcih. (V )

* fo»7csl dcirop

LE VIEIL HORACE

Sire, avec déplaisir, mais avec patience.

TULLE

C'est l'effet vertueux de votre expérience. Reaucoup par un long âge ont appris comme vous Que le malheur succède au bonheur le plus doii.x : Peu savent comme vous s'appliquer ce remède, Et dans leur intérêt toute leur vertu cède. Si vous pouvez trouver dans ma compassion Quelque soulagement pour votre affiiclion , Ainsi que votre mal sachez qu'elle est extrême, Et que je vous en plains autant que je vous aime.

VALÈRE

Sire , puisque le ciel entre les mains des rois

Dépose sa justice et la force des lois ^ ,

Et que l'État demande aux princes légitimes

Des prix pour les vertus , des peines pour les crimes ,

Souffrez qu'un bon sujet vous fasse souvenir

Que vous plaignez beaucoup ce qu'il vous faut punir.

Souffrez...

LE VIEIL HORACE

Quoi ! qu'on envoie un vainqueur au supplice.!»

TULLE

Permettez qu'il a(;hève, et je ferai justice :

J'aime à la rendre à tous, à toute heure , en tout lieu ,

C'est par elle qu'un roi se fait un denii-dieji ;

Et c'est dont je vous plains qu'après un tel service

On puisse contre lui me demaiid«T justice 4.

VALEUR

Souffrez donc, ô grand roi, le plus juste des rois. Que tous les gens de bien vous parlent par ma voix ^.

■ il faut commi'iil ; vl portez n'est pliLs d'usage. ( V.)

^ Répélilion vicieus(\ (V.)

•5 II faut avouer que ce AV/Zf/rlaitlà un fort rn.iuvai.s persOnnaj^e : il n'a encore pjiru dans la |ilèce cpie pour faire un conipiinienl; on n'en a parlé (pie coiunie d'un liounne sans c<)ns(;- (|Uence. Cesl un def.iut capital que Corneille tàclie en vain de pallier dan.s son i;xainen. ,( V .)

■i C'est la loi de l'unité dv Vwn qui force ici rniilenr à faire le procès d'tlorace dans sa propre niai.son ; ce qui n'est ici ni con venable , ni vraiscnililiilile. J'.ijoiilerai ici une remarque purement liisl(iri(pie, c'csl que les chefs deRonie, appelés ro/i , ne lendaieni pohil justice seuls; il fallait le concours du sénat entier, ou des délégués. (V.)

^ Ce plaidoyer ressemble à celui d'un avocat qui s'est pré-

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