LE MENTEUR, ACTE I, SCÈNE I
noHveaii revenu ; et ainsi de la plupart des aiilres incidents, qui , bien qu'ils soient imités de roiiginal , n'ont presque point de ressemblance avec lui pour les pensées, ni pour les termes qui les expriment. Je me contenterai donc de vous avouer que les sujets sont entièrement de lui , comme vous les trouverez dans la vingt et deuxième partie de ses comédies. Pour le reste, j'en ai pris tout ce qui s'est pu accommoder à notre usage; et s'il m'est permis de dire mon sentiment touchant une chose où j'ai si peu de part, je vous avouerai en même temps que l'invention de celle-ci me charme tellement, que je ne trouve rien à mon gré qui lui soit comparable en ce genre, ni parmi les anciens, ni parmi les. modernes. Elle est toute spù-ituelle depuis le commencement jusqu'à la fin, et les incidents si justes et si gracieux, qu'il faut être, à mon avis, de bien mauvaise humeur pour n'en approuver pas la conduite, et n'en aimer pas la représentation.
Je me défierais peut-être de l'estime extraordinaire que j'ai pour ce poëme , si je n'y étais confirmé pai' celle qu'en a faite un des premiers hommes de ce siècle, et qui nonseulement est le protecteur des savantes muses dans la Hollande, mais fait voir encoie par son propre exemple (pie les grâces de la poésie ne sont pas incompatibles avec les plus hauts emplois de la politique et les plus nobles fonctions d'un homme d'État. Je parle de M. de Zuylichem, secrétaire des commandements de monseigneur le prince d'Orange. C'est lui que MM. Heinsius et Balzac ont pris conmie pour arbitre de leur fameuse querelle, puisqu'ils lui ont adressé l'un et l'autre leurs doctes dissertations, et qui n'a pas dédaigné de montrer au public l'état qu'il fait (le cette comédie par deux épigrammes ' , l'un français et l'autre lathi, qu'il a mis au-devant de l'impression qu'en ont faite les Elzeviers, à Leyden. Je vous les donne ici^ d'autant plus volontiers, que, n'ayant pas l'honneur d'être connu de lui, son témoignage ne peut être suspect, et qu'on n'aura pas lieu de m'accuser de beaucoup de vanité pour en avoir fait parade, puisque toute la gloire qu'il m'y doiuie doit être attribuée au grand Lope de Vega, que peut-être il ne connaissait pas pour le premier auteur de cette merveille du théâtre.
PERSONNAGES
r.ËROWTE , père de Dorante.
DORAPyTE, fils de Géronte.
ALCllM'E , ami de Dorante et amant de Clarice.
PHILISTE , ami de Dorante etd'Alcippe.
CLARICE, maîtresse d'Alcippe.
LUCRÈCE , amie de Clarice.
ISABELLE, suivante de Clarice.
SABINE, femme de chambre de Lucrèce.
CLITON , valet de Dorante.
LYCAS , valet d'Alcippe.
La scène est à Paris.
' ^/)j.9Ta»n»Me est îiujourd'hui du genre féminin. ' Voyez le tome II.
ACTK PREMIKR.