‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 661 sur 1093 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

DORANTE, CLITON

CLITON

ÎMonsieur, puis-je à présent parler sans vous déplaire ?

DORANTE

Je remets à ton choix de parler ou te taire ^ ;

Mais quand tu vois quelqu'un , ne fais plus l'insolent.

CLITON

^ otre ordinaire est-il de rêver en parlant ?

DORANTE

OÙ me vois-tu rêver;?

CLITON

J'appelle rêveries Ce qu'en d'autres qu'un maître on nomme menteries. Je parle avec respect.

Pauvre esprit !

CLITON

Je le perds Quand je vous ois parler de guerre et de concerts ^.

' Se passer à, se passer de, sont deux choses absolument différentes. Se passer à signilie se contenter de ce qu'on a ; se passer de signilie so«/enir le besoin de ce qu'on n'a pas : il a quatre attelages, on peut se passer à moins ; vous avez cent mille écus de rente , et je m'en passe. ( V. )

* La grande exactitude de la prose veut de se taire ; mais il faut renoncer à faire des vers si cette petite licence n'est pas permise. (V.)

3 Je vous ois ne se dit plus ; pourquoi ? cette diphthongue n'estelle pas sonore? Foi, loi, crois, bois, révoltent-ils l'oreille? Pourquoi l'inlinitifoi/fr est-il resté, et le présentest-il proscrit? La syntaxe est toujours fondée sur la raison : l'usage et l'abolition des mots dépendent quelquefois du caprice; mni.s on peut

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