GÉRONTE, PHILISTE
GÉBONTE.
Je ne pouvais avoir rencontre plus heureuse Pour satisfaire ici mon humeur curieuse. Vous avez feuilleté le Digeste à Poitiers . Et vu, comme mon (ils, les gens de ces quartiers : Ainsi vous me pouvez facilement apprendre Quelle est et la famille et le bien de Pyrandrc.
PHILISTE
Quel est-il , ce Pyrandre?
GÉRONTE
Un de leurs citoyens :
Noble, à ce qu'on m'a dit , mais un peu mal en biens.
PHILISTE
11 n'est dans tout Poitiers bourgeois ni gentilhomme
« Tu sais ne riuie pas avec essais : c'est ce qu'on appelle des rimes provinciales. La rime est uniquement pour l'oreille. On prononce la sais comme s'il y avait tu ses, et essais est long et ouvert. Si on ne voulait rimer qu'aux yeux , cuiller rimerait avec mouilUr. Tous les mots qui se prononcent à peu près de même doivent rimer ensemble : il me parait que c'est la règle générale concernant la rime. (V.)
ï On appelait alors le vert le gazon de rempart sur lequel on se promenait , et de là vient le mot loukvcrt , verl à jouer a ja boule, (|u'on prononce aujourd'hui houlevarl. Le nom de vert se donnait au marché aux herbes. (V.)
3 Dansia première éditiondu Menteur, Corneilleinlroduisait ici un personnage nommé Argante,qui tenait à(;éronte à peu près le même langage que Philiste; mais, pour prévenir les critiques qu'exciterait l'apparition d'un nouveau personnage à la lin de sa pièce , il le supprima , et refit la scène telle que nous In donnons ci-dessus. Par une bizarrerie inconcevable, Voltaire n'a tenu aucun compte à Corneille de cette importante correction.