‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 702 sur 1093 · GÉRONTE, DORANTE, CLITON · texte numérisé non relu

GÉRONTE, DORANTE, CLITON

GÉRONTE

Étes-vous gentilhomme • ?

DORANTE, à part.

Ah! rencontre fâcheuse!

{haut.) Étant sorti de vous , la chose est peu douteuse.

Croyez-vous qu'il suffit d'être sorti de moi ?

DORANTE

Avec toute la France aisément je le croi.

GÉRONTE

Et ne savcz-vous point avec toute la France

' Ccflfi scène est imitée de l'espagnol. Le génie màiede Corncille (|uill(' ici le ton familier de la comédie, le sujet (iii'il truite l'oblige d'élever sa voix : c'est un père justement indigné, c'est

Jraius Chrêmes ( qui ) tumido delitigat ore.

On voit ici la même main qui peignit le vieil Horace et don Diègue. Il n'est point de père qui iw doive faire lire celte belle scèn(! à ses enfants; et, si l'on disait aux farouchiis ennemis du tliéàtre, aux persécuteurs du plus beau des arts : Osere/.-vou.s nier que cette scène , bien représentée , ne fasse une impression plus beureuse et plus forte sur l'esprit d'un jeune bomme que tous les sermons que l'on débite journellement sur cette matière? je voudrais bien savoir ce qu'ils pourraient répondre. (;<)ldoiii, dans son liiigiardo, n'a pu imit(îr cette belle scène de Corneille, parce que Pantalon IJisognosi est le père de son Menteur, et (|U(^ Paiiliilon, marcband vénitien, ne peut avoir l'anlorili' el le Ion d'un uciililbonnne : Pantalon dil sinipleinenl à sun lits (lu'il faut qu'un marcband ait de la boiuie foi (V )

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