‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 705 sur 1093 · ACTE V, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V

Si son père et le mien ne ton.bent point d'accord , Tout commerce est rompu , je fais naufrage au port. Et d'ailleurs, quand l'affaire entre eux serait conclue, Suis-je silr que la fille y soit bien résolue? J'ai tantôt vu passer cet objet si charmant : Sa compagne, ou je meure, a beaucoup d'agrément. Aujourd'hui que mes yeux l'ont mieux examinée , De mon premier amour j'ai l'âme un peu gênée : ]\Ion cœur entre les deux est presque partagé • ; Et celle-ci l'aurait , s'il n'était engagé.

CLITON

Mais pourquoi donc montrer une flamme si grande, Et porter votre père à faire une demande ?

DOBANTE.

Il ne m'aurait pas cru , si je ne l'avais fait.

CLITON

Quoi ! même en disant vrai , vous mentiez en effet ».

DORANTE

C'était le seul moyen d'apaiser sa colère.

Que maudit soit quiconque a détrompé mon père !

Avec ce faux hymen j'aurais eu le loisir

De consulter mon cœur, et je pourrais choisir.

CLITON

Mais sa compagne enfin n'est autre que Clarice.

DORANTE

Je me suis donc rendu moi-même un bon office. Oh! qu'Alcippe est heureux, et que je suis confus ! Mais Alcippe, après tout, n'aura que mon refus. N'y pensons plus , Cliton , puisque la place est prise.

CLITON

Vous en voilà défait aussi bien que d'Orphise.

DORANTE

Reportons à Lucrèce un esprit ébranlé ,

Que l'autre à ses yeux même avait presque volé.

Mais Sabine survient.

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