‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 734 sur 1093 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

DORANTE, CLITON

Ce brusque adieu marque un trouble dans Tâmc . Sans doute il la connaît.

CLTTON.

C'est peut-être sa femme.

DORANTE

Sa femme?

CLITON

Oui , c'est sans doute elle qui vous écrit ; Et vous venez de faire un coup de grand esprit. Voilà de vos secrets et de vos confidences.

DORANTE

Nomme-les par leur nom , dis de mes imprudences. Mais serait-ce en effet celle que tu me dis?

CLITON

l^lnvoyez vos portaits à de tels étourdis , Ils gardent un secret avec extrême adresse. C'est sa femme, vousdis-je, oudumoinssa maîtresse. Ne l'avez-vous pas vu tout changé de couleur?

DORANTE

Je l'ai vu comme atteint d'une vive douleur. Faire de vains efforts pour cacher sa surprise. Son désordre, Cliton, montre ce qu'il déguise. Il a pris un prétexte à sortir promptement. Sans- se donner loisir d'un mot de compliment.

^ Celle scène ne dément en rien le mérite des deux premiers actes : n'est-ce pas l'invention du mond(^ la plus heureuse de l'aire secourirDoranteparson rival Phiiisle et de prépar<;r ainsi le plussrand embarras ? J'écarte , comme je l'ai dcjàdit, Ions les petits défauts de langage, les plaisanteries qui ne sont plus de mode ; je n(; m'arrête qu'à la marche de la pièce , qui me parait toujours parfaite : la manière dont Mélisse envoie àDorante sou portrait, celle dont il le prend ; ce portrait montré à un homni(> qui parait surpris et fAché de le voir ; encore une fois , y a-l i( rien de mieux ménagé et de plus agréabledans aucune piècede théiUre? (V.)

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