‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 773 sur 1093 · MARCELLE, THÉODORE, CLÉOBULE, STÉPHANIE · texte numérisé non relu

MARCELLE, THÉODORE, CLÉOBULE, STÉPHANIE

MARCELLE, à Cléobule.

Quoi ! toujours l'un ou l'autre est par vous obsédé } Qui vous amène ici ? vous avais-je mandé ? Et ne pourrai-je voir Théodore ou Placide , Sans que vous leur serviez d'interprète ou de guide.? Cette assiduité marque un zèle imprudent; Et ce n'est pas agir en adroit confident.

CLÉOBULE

Je crois qu'on me doit voir d'une âme indifférente Accompagner ici Placide et ma parente.

Je fais ma cour à l'un à cause de son rang , Et rends à l'autre un soin où m'oblige le sang.

MARCELLE

Vous êtes bon parent.

CLÉOBULE

Elle m'oblige à l'être.

MARCELLE

Votre humeur généreuse aime à le reconnaître ; Et sensible aux faveurs que vous en recevez , Vous rendez à tous deux ce que vous leur devez. Un si rare service aura sa récompense Plus grande qu'on n'estime et plus tôt qu'on ne pense. Cependant quittez-nous , que je puisse à mon tour Servir de confidente à cet illustre amour.

■ Rien n'est plus froid et plus déplacé dans le traf^i(|n(> que ces scènes dans lesquelles un confident parle à une femme en faveur de l'amour d'un autre; c'est ce qu'on a tant reproché à Racine dans son Alexandre, où Éphestion parait vnjidélr <on.- Jldenl du beau feu de son maître. Rien n'a plus avili lutlro théâtre , et ne l'a rendu plus ridicule aux yeux des élraiif;<rH , (fue ces scènes d'ambassadeurs d'amour ; licureusenient il y en a peu dans Corneille. (V.)

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