‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 839 sur 1093 · E!LÉ0Î>ATRE · texte numérisé non relu

E!LÉ0Î>ATRE

Aiméz-riVoî seulement ; vcus allez être t'ois,

Et s'il faut du respect, c'est nioi qui vous le dôiS.

ANTIOCHUS

Ah ! si nous recevons la suprême puissance, Ce n'est pas pour sortir de votre obéissance : Vous régnerez ici quand nous y régnerons. Et ce seront vos lois que nous y donnerons.

CLÉOPATRE

.l'ose le croire ainsi ; mais prenez votre place : Il est temps d'avancer ce qu'il faut que je fasse. {fci Antiochus s'assied dans un fauteuil, Rodogune à sa gauche, en même rang , et Cléopâtre à sa droite, mais en rang inférieur, et qui marque quelque inégalité. Oronte s'assied aussi à la gauche de Roclogune , avec là même difjcrence ; et Cléopâtre, cependant qu'ils prennent leurs places, parle à l'oreille de Laonice, qui s'en va quérir une conpe pleine de vin empoisonné, yiprès qu'elle est partie , Cléopâtre continue : ) Peuple cpii m'écoutez , Parthes et Syriens , .Sujets du roi son frère , ou qui fiites les miens , Voici de mes deux fils celui qu'un droit d'aîaesse Klève dans le trône , et donne à la princesse. le lui rends cet État que j'ai sauvé pour lui ; le cesse de régner, il commence aujourd'hui. Qu'on ne me traite plus ici de souveraine : Voici votre roi, peuple, et voilà votre reine. Vivez pour les servir, respectez-les tous deux. Aimez-les, et mourez, s'il est besoin, pour eux.

Oronte, vous voyez avec quelle franchise Je leur rends ce pouvoir dont je me sais démise •. Prêtez les yeux au reste ^ , et voyez les effets

' Quoi ! après avoir dnmandé , il y a deux heures , la léte de Rodogune, elle leur parle d'amour maternelle! cela n'esl-il l)as trop outré? Rodogune ne peut-elle pas regarder ce mol comme une ironie? Il n'y apoinl de réconciliation formelle, les ?.enx princesses ne se sont point vues. (V.)

•■' l'ourquoi dit-on prfter l'oreille, et que prél/r les yeux

Suivre de point en point les traités dé la baix. {Laonice revient avec une cfoupe à la main.)

ORONTE

Votre sincérité s'y fait assez paraître , Madame ; et j'en ferai récit au roi mon maître.

CLÉOPATRE

L'hymen est maintenant notre plus cher souci. L'usage veut, mon lils, qu'on le commence ici : Recevez de ma main la coupe nuptiale , Pour être après unis sous la foi conjugale ; Puisse-t-elle être un gage, envers votre moitié , De votre amour ensemble et de mon amitié!

ANTIOCHUS, pr^tfl/t/ la coupe.

Ciel ! qive tio. dois-je point aux bontés d'une nièrc !

Le temps presse, et votre heur d'autant plus se diffère.

ANTIOCHUS , à Rodogune.

Madame , hâtons donc ces glorieux moments : Voici l'heureux essai de nos contentements. Mais si mon frère était le témoin de ma joie...

CLÉOPATRE

C'est être trop cruel de vouloir qu'il la voie : Ce sont des déplaisirs qu'il fait bien d'épargner ; Et sa douleur secrète a droit de l'éloigner.

ANTIOCHUS

Il m'avnit assuré qu'il la verrait sans peine. IMais n'importe, achevons.

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