SCÈNE II
HÉRACLIUS, LÉONTINE, EUDOXK.
HÉRACLIUS
]\Iadame, il n'est plus temps de taire
' On voit assez que cela est trop comique. Corneille a-t-il voulu faire parler celte gouvernante comme une bourgeoise i|ui a conservé le ton bourgeois à la cour? Cela est absolument indigne de la tragédie. (V.)
* Voilà la même îaa.i&;çi<{m àVoreiUe à une âme.' on ne peut s'exprimer plus mal. (V.)
^ Cela n'est pas français. Instruit, d'un ennemi, troublé d'un ennemi; ce sont deux barbarismes et deux solécismes à la fois dans un seul vers. (V.)
4 Par la construction , c'est la mort de Phocas ; par le sens , c'est celle de Maurice. Il faut que la syntaxe et le sens soient toujours d'accord. (V.)
5 Ce vers est encore bourgeois , mais les précédents sont nobles, exacts, bien tournés, forts, précis, et dignes de Corneille. (V.)
6 Cela ne donne pas d'abord une haute opinion de Léonline. Celle femme, qui conduit toute l'intrigue, commence par se tromper, par accuser sa lille mal à propos : celte accusation même est absolument inutile pour l'intelligence et pour l'intérêt de la pièce. Léonline commence son rôle par une méprise et par des expressions indignes même de la comédie. (V.)
7 Le mot de supplice parait trop fort; et dif/ne de supplice n'est pas français , c'est un barbarisme. (V.)
8 II faut absolument que d'avoir : c'est une trahison que d'avoir donné un indice. Trahison qu'avoir donné est un solécisme. (V.)
* Ces mots : étant la gouvernante auprès * du sien , et tromperie, sont comiques et bas, et ne donnent pas de Léonline une assez haute idée. Voyez comme dans Athalie le rôle de Josabet est ennobli, comme il est louchant, quoiqu'il ne soit pas, à beaucoup près, aussi nécessaire que celui de Léonline. (V.)
* Tout ce discours est un détail d'anecdotes. Comme étant lu gouvernante auprès du sien n'est pas français; en sorte que est trop style d'affaires. Mais Eudoxe, en voulant éclaircir cette histoire, semble l'embrouiller. Et, prenant Martian, vous laissâtes pour Jils ce prince à Phocas .ion tyran , ne peut avoir de sens que celui-ci : vous laissâtes Martian pour Jils à Phocas. Laisser quelqu'un pour fils n'est pas d'un style élégant; mais il ne s'agit pas ici d'élégance, il s'agit de clarté. Eudoxe fait croire au spectateur que Martian a passé et passe pour lils de Phocas. L'équivoque vient de ce mot prince : vous laissâtes ce prince à Phocas. Elle entend, par ce prince, Héraclius; mais elle ne dit pas ce qu'elle veut dire : elle devrait expliquer que Léonline a fait passer Martian pour son propre lils Léonce, et a donné Héraclius, tils de Maurice, pour Martian, fils de Phocas. (V.)
3 Cet il croit (Ire %ç, rapporte, par la phrase, à Martian, et cependant c'est Phocas dont on parle. Dans un sujet si obscur, il est absolument nécessaire que les phrases soient toujours claires, et Eudoxe ne s'explique pas assez nettement. (V.)
-i Toutes ces manières de parler sont d'une familiarité qui n'est nullement convenable à la tragédie. (V.)
" i Aucun n'ose pon.ssm- Thisfoii-e plus avant.
Comme ce sont pour tous des routes inconnues.,..
expressions de comédie. Un tel style est trop rebutant. (V.)
♦> Ces trois derniers vers sont trop comiques : ce qui précède est une explication de l'avanl-scène. CHte explication devait appartenir naturellement au premier acte; on n'aime point a être si longtemps en suspens : celle incertitude du spe<;taleur nuit même toujours à l'intérêt. On ne peut être énui des choses
* Aucuuedcséditioii.'i piibliêesdu vivnnt de Corneille ne porte avpns.