SCÈNE IV
LÉONTINE, EUDOXE, un page.
LE PAGE
Exupère , madame , est là qui vous demande <.
LÉONTINE
Exupère ! à ce nom que ma surprise est grande ! Qu'il entre. A quel dessein vient-il parler à moi ^ , Lui queje ne vois point, qu'à peine je connoi •'.? Dans l'âme il hait Phocas, qui s'immola son père ; Et sa venue ici cache quelque mystère.
Je vous l'ai déjà dit, votre langue nous perd 7.
• Il semble qu'il soit en péril de faire des lils; cela se rapporte à parricide : mais/a/re un parricide ne se dit pas ; ou ûïicommettre un parricide , faire tin crime. (Y.)
2 La pensée n'est pas exprimée. La naissance ne mérite ni ne démérite. 11 veut dire : le lils d'un tyran ne mérite pas d'être vertueux; et encore cela n'est pas vrai. Toutes ces p<'n.sées subtiles, obscurément exprimées, choquent les premières lois de l'art d'écrire, qui sont le naturel et la clarté. (V.)
^ La vertu de l'innocence ! Ces derniers vers sont vicieux ; nr. dit bien la vertu de la tempérance, de la modération, parce quce sont des espèces de vertu : l'innocence est l'exclusion de tous les vices, et non une vertu particulière. (V.)
4 On sent assez que cet est là est un terme de domestique qui doit être banni de la tragédie. Ce page ne parait plus aujoi . d'hui. On ne connaissait point alors les pages. (V.)
5 Parler à moi ne se dit point; il faut, me parler. On peut dire en reproche : parlez à moi, oubliez-vous que vous partez ù 7n»i.' (V.)
6 On prononce Je connais ; et, du temps même de Corneille , cette diphthongue oi était toujours prononcée ai dans tous les nnçfiïiiAi!,, j'aurais, je ferais ; auparavant on la prononçai! comme toi, soi, loi. Connai pour connais est uni; liberté qu'ont toujours eue les poètes, et qu'ils ont conservée : il leur est permis d'ôter ou de conserver cette s à la lin du verbe , à la première personne du présent; ainsi on met -.je di, pour je dis; je fai, poar je fais; j'averti, foaï j'avertis ; je vai, pour Je vais.
Je TOUS en averti ,
Et, sans compter sur moi, prenez votre parti.
Racinb. (V.)
7 II est intolérable que cette Léontine reproche toujours a sa tille, en termes si bas et si comiques, une indiscrétion qu'Eudoxe n'a point commise : ces reproches sont d'autant plus mal placés, que les discours et les actions de Léoutine ne produitentrica. (V.)