‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 876 sur 1093 · TROUPE DE GARDES · texte numérisé non relu

TROUPE DE GARDES

HÉRACLIUS

Je sais qu'en ma prière il aurait peu d'appui ; Et loin de me donner une inutile peine , Tout ce que je demande à votre juste haine. C'est que de tels forfaits ne soient pas impunis 4; Perdez Iléraclius , et sauvez votre fils : Voilà tout mon souhait et toute ma prière. M'en refUserez-vous ^ ?

PHOCAS

Tu l'obtiendras entière :

' Pour en tirer l'aveu est une faute , cet en ne peut se rapporter qu'à Martian dont on parle; mais en tirer l'aveu signlUe tirer l'aveu de quelque chose : il fallait donc dire quel est cet aveu qu'on veut tirer. (V.)— Phocas vient de parler du crime dontil suppose Martian coupable : c'est l'aveu de ce crime qu'il espère tirer de lui , sans qu'il soit besoin , comme il le dit , ni du fer ni du feu. Le sens nous parait très-clair, et le mot crime n'est pas assez éloigné pour laisser aucun doute sur ce que Corneille a voulu dire. (P.)

* Cela n'est pas français : ce jour est mon dernier jour, et non pas m'est le dernier jour. (V.)

3 Jusqu'ici le spectateur n'a été qu'embarrassé et inquiet; à présent il est ému par l'attente d'un grand événement. (V.)

4 Cela est dit ironiquement et à double entente, car ni Héraclius ni Martian n'ont commis de forfaits. La ligure de l'ironie doit être emploj'ée bien sobrement dans le tragique. (V.)

5 Cet en était alors en usage dans les discours familiers , 16moin ce vers du Cid :

Le roi, quand il en fait, le mesure au courage. (V.)

Page 1