‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 878 sur 1093 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

' Semer m« abus des noms ne peut se dire. Ces expressions, aussi obscures que forcées , se rencontrent souvent ; mais la situation empêche qu'on ne remarque ces peliles fautes au théâtre. Tous les esprits sont en suspens. Qui des deux est Héracli us? Qui des deux va périr? Rien n'est plus intéressant ni plus terrible. (V.)

^ Quoique les expressions les plus simples deviennent quelquefois les plus tragi((ues par la place où elles sont, ce n'est pas en cet endroit ; c'est quand elles expriment un grand sentiment. Des contes est ignoble. (V.)

^ C'est encore une énigme, ou plutôt un procès par écrit. Il faut au quatrième acte essuyer encore une avant-scène, informer le spwjtaleur de tout ce qui s'est passé autrefois ; mais cette explication même jett(! tant de trouble dans r.ime de Pliocas, et rend le sort de IVlarlian si douteux , qu'elle devient ini coup de lliéàlre pour les e.->prits extrêmement attentifs. (V.)

4 Onn'est point reined'undestin, encore moins d'un berceau. (V.) — Par la conlexlure de la pièce, Léontine, depuis l'instant de leur naissance, est en effet souveraine maitresse de leursort; et c'est ce que le mot reine nous parait exprimer Irès-poétlquement.(P.)

5 On ne peut ee servir de race pour signifier yîZ.v. On désire-

Prit Martian pour elle , et me mit en sa place.

Ce zèle en ma faveur lui succéda si bien ,

Que vous-même au retour vous n'en connûtes rien ;

Et ces informes traits qu'à six mois a l'enfance ,

Ayant mis entre nous fort peu de différence,

Le faible souvenir en trois ans s'en perdit :

Vous prîtes aisément ce qu'elle vous rendit.

Nous vécûmes tous deux sous le nom l'un de l'autre :

Il passa pour son fils , je passai pour le vôtre ;

Et je ne jugeais pas ce chemin criminel

Pour remonter sans meurtre au trône paternel.

Mais voyant cette erreur fatale à cette vie

Sans qui déjà la mienne aurait été ravie,

Je me croirais , seigneur, coupable infiniment

Si je souffrais encore un tel aveuglement.

Je viens reprendre un nom qui seul a fait son crime-

Conservez votre haine , et changez de victime.

Je ne demande rien que ce qui m'est promis :

Perdez Héraclius , et sauvez votre fils '.

MARTIAN

Admire de quel fils le ciel t'a fait le père , Admire quel effort sa vertu vient de faire , Tyran ; et ne prends pas pour une vérité Ce qu'invente pour moi sa générosité.

{à Héraclius.) C'est trop , prince , c'est trop pour ce petit service Dont honora mon bras ma fortune propice : Je vous sauvai la vie, et ne la perdis pas; Et pour moi vous cherchez un assuré trépas ! Ah ! si vous m'en devez quelque reconnaissance , Prince, ne m'ôtez pas l'honneur de ma naissance : Avoir tant de pitié d'un sort si glorieux. De crainte d'être ingrat, c'est m'être injurieux.

PHOCAS

En quel trouble me jette une telle dispute ! A quels nouveaux malheurs m'expose-t-elle en butte ! Lequel croire, Exupère, et lequel démentir.? Tombé-je dans l'erreur, ou si j'en vais sortir =< ? Si ce billet est vrai , le reste est vraisemblable.

rait dans toute cette tirade un style plus tragi((Ui" et plus noble. (V.)

' C'est encore un refrain : on y voit peut-être encore trop d'apprêt. L'auteur se comptait à dire par ce refrain le mot de l'énigme. Je crois cependant que cette répétition est ici mieux placée que celle-ci : montre: Héraclius an peuple , laquelle revient trop souvent. La situation est très-intéressante. (V.)

2 II faut : ou bien vais-je en sortir? Ce si s'employait autrefois par abusensous-entendant : je demande, ou dis-moi, si J'en vais sortir; mais c'est une faute contre la langue : il n'y a qu'un cas où ce si est admis , c'est en interrogation ; si je parle? si j'obéis? si je commets ce crime? on sous-entend , qu'arrivera-t-il? qu'en penserez-vous, etc.? Mais alors itne faut pas faire précéder ce si par une autre ligure ; il ne faut pas dire : parl^-je à un sage, ou si je parle à un courtisan? (V.) — Les comédiens doivent adopter foules ces corrections de Voltaire. Il eùf été à souhaiter qu'il en eût fait davantage, et qu'il eut supprimt

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