CLITANDRE, ACTE IV, SCÈNE V
Et consumant sur lui toute sa violence , j
11 m'a porté respect parmi son insolence.
Tous mes gens , écartés par un subit effroi ,
Loin d'être à mon secours , ont fui d'autour de moi ,
Ou, déjà dispersés par l'ardeur de la chasse ,
Ont dérobé leur tête à sa fière menace.
Cependant seul , à pied , je pense à tous moments
Voir le dernier débris de tous les éléments.
Dont l'obstination à se faire la guerre
Met toute la nature au pouvoir du tonnerre.
Dieux , si vous témoignez par là votre courroux ,
De Clitandre ou de moi lequel menacez-vous?
La perte m'est égale ; et la même tempête
Qui l'aurait accablé tomberait sur ma tête.
Pour le moins, justes dieux, s'il court quelquedanger.
Souffrez que je le puisse avec lui partager !
J'en découvre à la fin quelque meilleur présage ;
L'haleine manque aux vents , et la force à l'orage ;
Les éclairs, indignés d'être éteints par les eaux.
En ont tari la source et séché les ruisseaux ,
Et déjà le soleil de ses rayons essuie
Sur ces moites rameaux le reste de la pluie ;
Au lieu du bruit affreux des foudres décochés ,
Les petits oisillons , encor demi-cachés...
Mais je verrai bientôt quelques-uns de ma suite ;
Jelejugeàcebruit.