‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 913 sur 1093 · ANDROMÈDE, ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ANDROMÈDE, ACTE II, SCÈNE III

II n'est point Je cœur si fidèle.

De mille jippas son visage semé La rend une merveille :

Mais quoiqu'elle soit sans pareille , Phinée est encore plus aimé.

Bien que le juste ciel fasse voir que sans crime On la préfère aux nymphes de la mer, Ce n'est que de savoir aimer Qu'elle-même veut qu'on l'estime ; Chacun , d'amour pour elle consumé , D'un cœur lui fait un temple :

I\Iais quoiqu'elle soit sans exemple, Phinée est encor plus aimé.

Enfin , si ses beaux ^'eux passent pour un miracle C'est un miracle aussi que son amour,

Pour qui Vénus en ce beau jour

A prononcé ce digne oracle :

Le ciel lui-même , en la voyant , charmé ,

La juge incomparable ; Mais , quoiqu'il l'ait faite adorable , Phinée est encor plus aimé.

(Cet air chanté, le page de Phinée et cette nymphe font un dialogue en musique, dont chaque couplet a pour refiaiii l'oracle que Vénus a prononcé au premier acte en faveur de ces deux amants, chaulé par les deux voix unies, et n'-pélé par le chaïur entier de la musique. )

LE PAGE

Heureux amant!

LIKIOPE.

Heureuse amante !

LE PAGE

Us n'ont qu'une âme.

LIRIOPE.

Us n'ont tous deux qu'un cœur.

LE PAGE

Joignons nos voix pour chanter leur bonheur.

LIRIOPE.

Joignons nos voix pour bénir leur attente.

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