‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 931 sur 1093 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ANDROMÈDE, chœur de nymphes.

ANDROMÈDE

Nymphes, l'auriez-vous cru qu'en moinsd'une journée

J'aimasse de la sorte un autre que Phinée ?

Le roi l'a commandé, mais de mon sentiment

Je m'offrais en secret à son commandement.

Ma flamme impatiente invoquait sa puissance ,

Et courait au-devant de mon obéissance.

Je fais plus ; au seul nom de mon premier vainqueur,

L'amour à la colère abandonne mon cœur;

Et ce captif rebelle, ayant brisé sa chaîne.

Va jusques au dédain , s'il ne passe à la haine.

Que direz-vous d'un change et si prompt et si grand ,

Qui dans ce même cœur moi-même me surprend ?

AGLANTE

Que pour faire un bonheur promis par tant d'orack S Cette grande journée est celle des miracles , Et qu'il n'est pas aux dieux besoin de plus d'effort A changer votre cœur qu'à changer votre sort. Cet empire absolu qu'ils ont dessus nos âmes Eteint comme il leur plaît et rallume nos flammes , Et verse dans nos cœurs , pour se faire obéir, Des principes secrets d'aimer et de haïr. Nous en voyons au votre en cette haute estime Que vous nous témoigniez pour ce bras magnanime ; Au défaut de l'amour que Phinée emportait, Il lui donnait dès lors tout ce qui lui restait ; Dès lors ces mêmes dieux , dont l'ordre s'exécute ,

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