DU ROI ET DE LA REINE
CÉPHÉE
Que faisait là Phinée? est-il si téméraire' Que ce que font les dieux il pense à le défaire?
CASSIOPE
Après avoir prié, soupiré, menacé,
Il vous a vu , seigneur, et l'orage a passé.
CÉPHÉE
Et vous prêtiez l'oreille à ses discours frivoles?
CASSIOPE
Un amant qui perd tout peut perdre des paroles ; Et l'écouter sans trouble et sans rien hasarder. C'est la moindre faveur qu'on lui puisse accorder.
Mais , seigneur, dites-nous si Jupiter propice Se déclare en faveur de votre sacrifice , Si de notre famille il se rend le soutien , S'il consent l'union de notre sang au sien.
Jamais le feu sacré et la mort des victimes
N'ont daigné mieux répondre à des vœux légitimes.
Tous auspices heureux ; et le grand Jupiter
Par des signes plus clairs ne pouvait l'accepter, [ce,
A moins qu'y joindre encore l'honneur de sa présen-
Et de sa propre bouche assurer l'alliance.
CASSIOPE
Les nymphes de la mer nous en ont fait autant; Toutes ont hors des flots paru presque à l'instant : Et leurs bénins regards envoyés au rivage Avecque notre encens ont reçu notre hommage ; Après le sacrifice honoré de leurs yeux. Où Neptune à l'envi mêlait ses demi-dieux ,' Toutes ont témoigné d'un penchement de tête Consentir au bonheur que le ciel nous apprête : Et nos submissions désarmant leurs dédains, Toutes ont pour adieu battu l'onde des mains. Que si même bonheur suit les vœux de Persée , Qu'il ait vu de Junon sa prière exaucée , Nous n'avons plus à craindre aucun sinistre effet.
CÉPHÉE
Les dieux ne laissent point leur ouvrage imparfait ; N'en doutez point, madame , aussi bien que Neptune,
■ Ct'lto scùue est cucore plus froide. (V.)
ANDROMÈDE, AG
Junon consentira notre bonne fortune.
Riais que nous veut Agiante ?