‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 950 sur 1093 · DE MONSEIGNEUR LE PRINCE D'ORANGE · texte numérisé non relu

DE MONSEIGNEUR LE PRINCE D'ORANGE

Monsieur ,

Voici un pocme d'une espèce nouvelle , et qui n'a point d'exemple chez les anciens. Vous connaissez l'humeur de nos Fiançais; ils aiment la nouveauté; et je hasarde )ion tam meliora quam nova, sur l'espérance de les mieux divertir. Celait l'humeur des Grecs dès le temps d'yEscliyle , apud quos :

Illecebris erat et grata novitate inorandus SpectatoT.

El, si je ne me trompe, c'était aussi celle des Romains :

Nec minimum merucre dccus, vcsticjia grœca

Aiisi dcscrcre....

P'el qui prœtcxtas, vcl qui docuere togatas.

Ainsi j'ai du moins des exemples d'avoir entrepris une chose qui n'en a point. Je vous avouerai toutefois qu'après l'avoir foite je me suis trouvé fort embarrassé à lui choisir un nom. Je n'ai jamais pu me résoudre à celui de tragédie, n'y voyant que les personnages qui en fussent dignes. Cela eût suffi au bon homme Piaule, qui n'y cherchait point d'autre (inesse : parce (pi'il y a des dieux et des rois dans son Amphitryon, il veut que c'en soit une, et parce qu'il y a des valets qui bouffonnent , il veut que ce soit aussi une comédie, et lui donne l'un et l'autre nom, par un composé «m'il forme exprès, de p(!ur de ne lui donner pas tout ce qu'il croit lui appartenir. Mais c'est trop déférer aux personnages, et considérer trop peu l'action. Arislote en use autrement dans la définition (pi'il fait de la tragédie, oii il décrit les (jualités que doit avoir celle-ci, et les effets qu'elle doit produire, sans parler aucunement de ceux-là : et j'ose m'iuiaginer que ceux qui ont restreint cette sorte de poème aux personnes illustres n'en ont décidé que sur l'opinion (ju'ils ont eue qu'il n'y avait cpie la fortune des rois et des [irinces (pii fût capable d'une action telle que ce grand maître de l'art ikjus prescrit. Cependani , (juand il examine lui-môme les qualités nécessaires au héros de la tragédie, il ne touche point du tout à sa naissance, et ne s'atUiche (pi'aux incidents de sa vie et à ses mo'urs. Il demande un homme (jui ne soit ni tout méchant ni tout bon ; il le demande persécuté par quelqu'un de ses plus proches; il demande qu'il tombe en danger de mourir par une main obligée à le conserver : et je ne vois point pounpioi cela ne

puisse arriver qu'à un prince, et que dans un moindre rang on soit à couvert de ces malheurs. L'histoire dédaigne de les marquer, à moins qu'ils aient accablé quebju'une de ces grandes têtes, et c'est sans doute pourquoi jusqu'à présent la tragédie s'y est arrêtée. Elle a besoin de son appui pour les événements qu'elle traite; et comme ils n'ont de l'éclat que parce qu'ils .sont hors de la vraisemblance ordinaire, ils ne seraient pas croyables sans son autorité, qui agit avec empire , et sendjle commander de croire ce qu'elle veut persuader. Mais je ne comprends point ce qui lui défend de descendre plus bas, (juand il s'y rencontre des actions qui méritent qu'elle prenne soin de les imiter; et je ne puis croire que riios|>italité violée en la personne des filles de Scédase, qui n'était qu'un paysan de Leuctres, soit moHis digne d'elle que l'assassinat d'Agamemnon par sa femme , ou la vengeance do cette mort par Oreste sur sa propre mère; quitte pour chausser le cothurne un peu plus bas :

Et Iragicus plcrumquc dolct scrmone pcdeslri. Je dirai plus, monsieur : la tragédie doit exciter de \a pitié et de la crainte, et cela est de ses parties essentielles, puisqu'il entre dans sa définition. Or, s'il est vrai que ce dernier sentiment ne s'excite en nous par sa représentation que quand nous voyons souffrir nos semi)lables, et que leurs infortunes nous en font appréhender de pareilles , n'est-il pas vrai aussi qu'il y pourrait être excité plus fortement par la vue des malheurs arrivés aux personnes de notre condition, à qui nous ressemblons tout à fait, que par l'image de ceux qui font trébucher de leurs trônes K^s plus grands monarques, avec qui nous n'avons aucun rapport qu'en tant que nous sommes susceptibles des passio/is qui les ont jetés dans ce préciiiice; ce qui ne se rencontre pas toujours .3 Que si vous trouvez quelque apparence en ce raisonnement, et ne désapprouvez pas qu'on puisse faire une tragédie entre des personnes médiocres, (piand Imirs infortunes ne sont pas au-dessous de sa dignité, permettez moi de conclure, à simili, que nous pouvons faire une comédie entre des personnes illustres, quand nous nous en proposons quebpie aventure qui ne s'élève iioinl au-dessu.s de sa portée. Et certes , après avoir lu dans Arislote (pie la tragédie est une imitation des actions , et non pas des hommes, je pense avoir quehpie droit de dire la même chose de la comédie, et de prendre pour maxime que c'est par la seule considération des actions, sans aucun égard aux personnages, qu'on doit déterminer de (pielle espèce est un poème drainali(pie. Voilà, monsieur, bien du discours, dont il n'était pas b-jsoin pour vous attirer à mon parti, et gagner votre suffrage en faveur du titre (pie j'ai donné à

EPITUE.

Don SancJie. Vous savez mieux que moi tout ce que je V0U3 (lis, mais comme j'en fais confidence au public, j'ai cru que vous ne vous offenseriez pas que je vous fisse souvenir des clioses dont je lui dois quelque lumière. Je contiiuierai donc, s'il vous plaît, et lui dirai que Don Sanche est une véritable comédie, quoique tous les acteurs y soient ou rois ou grands d'Espagne , puisqu'on n'y voit naître aucun péril par qui nous puissions être portés à la pitié ou à la crainte. Notre aventurier Carlos n'y court aucune risque '. Deux de ses rivaux sont trop jaloux de leur rang pour se commettre avec lui, et trop généreux pour lui dresser quelque supercherie. Le mépris qu'ils en font, sur l'incertitude de son origine ne détruit point en eux l'estime de sa valeur, et se change en respect sitôt qu'ils le peuvent soupçonner d'être ce qu'il est véritablement , quoiqu'il ne le sache pas. Le troisième lie la partie avec lui, mais elle est incontinent rompue par la reine ; et quand même elle s'achèverait par la perte de sa ^ie, la mort d'un ennemi par un ennemi n'a rien de pitoyable ni de terrible , et par conséquent rien de tragique. 11 a de grands déplaisirs , et qui semblent vouloir quelque pitié de nous, lorsqu'il dit luimême à une de ses maitresâes.

Je plaindrais un amant qui souffrirait mes peines ; mais nous ne voyons autre chose dans les comédies que des amants qui vont mourir, s'ils ne possèdent ce qu'ils aiment, et de semblables douleurs ne préparent aucun effet tragique, on ne peut dire qu'elles aillent au-dessus de la comédie. Il tombe dans l'unique malheur qu'il appréhende : il est découvert pour fils d'un pêcheur; mais, en cet état mênïe, il n'a garde de nous demander notre pitié, puisqu'il s'offense de celle de ses rivaux. Ce n'est point un héros à la mode d'Euripide, qui les habillait de lambeaux pour mendier les larmes des spectateurs , celui-ci soutient sa disgrâce avec tant de fermeté, qu'il nous imprime plus d'admiration de son grand courage, que de compassion de son infortune. Nous la craignons pour lui avant qu'elle arrive, mais cette crainte n'a sa source que dans l'intérêt que nous prenons d'ordinaire à ce qui touciie le- premier acteur, et se peut ranger inter communia utriusque druvialiSf aussi bien que la reconnaissance qui fait le dénoùment de celte pièce. La crainte tragiipie ne devance pas le malheur du héros, elle le suit, elle n'est pas pour lui, elle est pour nous; et se produisant par une prompte application que la vue de ses malheurs nous fciit faire sur nousmêmes, elle purge en nous les passions que nous en voyons être la cause. Enfin je ne vois rien en ce poëme qui puisse mériter le nom de tragédie, si nous ne voulons nous contenter de la définition (]u'en donne Avcrioés ^ qui l'appelle simplement un art île louer. En ce cas, nous ne lui pourrons dénier ce titre sans nous aveugler volontairement, et ne vouloir pas voir que toutes ses parties ne sont qu'une peinture des puissantes impressions que les rares qualités d'un honnête homme font sur toutes sortes d'esprits, qui est une façon de louer assez ingénieuse et hors du commun des panégyriques. Mais j'auiais mauvaise grâce de me prévaloir d'un auteur arabe, que je ne connais que sur la foi

• Le mot risque était alors des deux genres.

• Commentateur dWristote. H vivait au douzième siècle.

d'une traduction latine; et, puisque sa paraphrase al)r^g') le texte d'Aristote en cet article, au lieu de l'étendre, je ferai mieux d'en croire ce dernier, qui ne permet point à cet ouvrage de prendre un nom plus relevé que celui de comédie. Ce n'est pas que je n'aie hésité quelque temps, smce que je n'y voyais rien qui pilt émouvoir à rire. Cet agrément a été jusqu'ici tellement de la pratique de la comédie , que beaucoup ont cru qu'il était aussi de son essence; et je serais encore dans ce scrupule, si je n'en avais été guéri par votre Heinsius, de qui je viens d'apprendre heureusement que Movere risum non constitua comœdiam , scd plebis aucîipium est, et abusus. Après l'autorité d'un si grand homme , je serais coupable de chercher d'auti es raisons, et de craindre d'être mal fondé à soutenir que la comédie se peut passer du ridicule. J'ajoute à celle-ci l'épithète de héroïque ' , pour satisfaire aucunement à la dignité de ses personnages , qui pourrait sembler profanée par la bassesse d'un titre que jamais on n'a appliqué si haut ^. Mais, après tout, monsieur, ce n'est qn^un in ter itn, jusqu'à ce que vous m'ayez appris comme j'ai dû l'intituler, Je ne vous l'adresse que pour vous l'abandonner entièrement : et si vos Elzéviers se saisissent de ce poème, comme ils ont fait de quelques-uns des miens qui l'ont précédé , ils peuvent le faire voir à vos provinces sous le titre que vous lui jugerez plus convenable, et nous exécuterons ici l'arrêt que vous en aurez donné. J'attends de vous cette instruction avec impatience, pour m'affermir dans mes premières pensées, ou les rejeter comme de mauvaises tentations : elles flotteront jusque-là; et si vous ne me pouvez accorder la gloire d'avob- assez appuyé une nouveauté, vous me laisserez du moins celle d'avoir passablement défendu un paradoxe. Mais quand môme vous m'ôteriez toutes les deux , je m'en consolerai fort aisément , parce que je suis très-assuré que vous ne m'en sauriez ôter une qui m'est beaucoup plus précieuse; c'est celle d'être toute ma vie,

Monsieur ,

Votre très-humble et trèsobéissant serviteur,

' La prononciation de ce mot n'était pas encore fixée.

^ Ce genre purement romanesque , dénué de tout ce qui peut émouvoir, et de tout ce qui fait l'àme de la tragédie , fut en vogue avant Corneiile. Don Bernard de Cahréra, Lattre persécutée , et plusieurs autres pièces , sont dans ce goût ; c'est ce qu'on açp>^\aH comédie héroïque , genre mitoyen qui peut avoir ses beautés. La comédie de V Ambitieux , de Destouches, est à peu près du même genre, quoique beaucoup au-dessous de Don Sanche d'Aragon, et même de Laure. C:es espèces de comédies furent inventées par les Espagnols. Il y en a beaucoup dans Lope de Véga. Celle-ci est tirée d'une pièce espa^inole intitulée El yialacio couftiso, et du roman de Pelage. Peut-être les comédies héroïques sont-elles préférables à ce qu'on appelle la tragédie bourgeoise , ou la comédie lannoyanlc. En effet, cette comédie laiinoyanle, absolument privée de comique , n'est au fond qu'un monstre né de l'impuissance d'être ou plaisant ou tragique. Celui qui ne peut faire ni une vraie comédie, ni une vraie tragédie , tache d'intéresser pardes aventures bourgeoises attendrissantes : il n'a pas le don du comique; il cherche à y suppléer par l'intérêt : il ne peut s'élever au cothurne; il rehausse un peu le brodequin. li peut arriver sans doute des aventures tres-funestes à de simples citoyens; mais

ARGUMENT

ARGUMENT

Don Fomand, roi d'Aragon, chassé de ses États par la révolte de D. Garcie d'Ayala , comte de Fiiensalida, u'avail plus sous son obéissance que la ville de Catalaïud et le territoire des environs, lorsque la reine D. Léonor, sa femme, accoucha d'un fds, qui fut nommé D. Sanche. Ce déplorable prince, craignant qu'il ne demeurât exposé aux fureurs de ce rebelle, le lit aussitôt enlever par D. Raymond de Moncade , son confident , afin de le faire nourrir secrètement. Ce cavalier, trouvant dans le village de Bubier^a la femme d'un pêcheur nouvellement accouchée d'un enfant mort , lui donna celui-ci à nourrir, sans lui dire qui il était; mais seulement qu'un jour le roi et la reine d'Aragon le feraient Grand lorsqu'elle leur ferait présenter par lui un petit écrin , qu'en même temps il lui donna. Le mari de celte pauvre femnîe était pour lors à la guerre, si bien (jue, revenant au bout d'un an, il prit aisément cet enfant pour sien, et l'éleva comme s'il en eût été le père. La reine ne put jamais savoir du roi où il avait fait porter son lils; et tout ce qu'elle en lira, après beaucoup de prières , ce fut qu'elle le reconnaîtrait un jour quand on lui présenterait cet écrin oii il aurait mis leurs deux portraits, avec un billet de sa main et (piehjues autres pièces de remarque : mais, voyant qu'elle continuait toujours à en vouloir savoir davantage, il arrêta sa curiosité tout d'un coup, et lui dit qu'il était moit. Il soutint après cela cette malheureuse guerre encore trois ou quatre ans, ayant toujours quelque nouveau désavantage, et mourut enfin de déplaisir et de fatigue , laissant ses affaires désespérées , et la reine grosse, h qui il conseilla d'abandonner entièrement l'Aiagon et se léfugiei- en Castille : elle exécuta ses ordres, et y accoucha d'une fille nommée D. Elvire, qu'elle y éleva jusqu'à l'Age de vingt ans. Cependant le jimne prince D. Sanche, qui se croyait (ils d'un pécheur, dès qu'il en eut atteint seize, se déiobe de ses parents, et se jette dans les armées du roi de Caslille, qui avait de grandes guerres contre les Maures; et, de peur d'être connu pour ce qu'il pensait être, il (luilte le nom de Sanche qu'on lui avait laissé, et prend celui de Carlos. Sous ce faux nom, il fait tant de merveilles, qu'il entre on grande considéiation auprès du roi D. Alphonse, à 'pii il sauve la vie en un jour de bataille : mais comme ce monarque était près de le récompenser, il est surpris de la mort, et ne lui laisse antre chose que les favorables regards de la reine D. Isabelle, sa .sœur et son héritièie, et de la jeune princesse d'Aragon, D. Elvire, que l'admiration de ses belles actions avait portées toutes deux jusques à l'aimer, mais d'un amour étouffé par le souvenir

elles sont bien moins attachantes que celles des^ souv('r<iins , dont le sort entraîne celui des nations. Un l)ourg(!ois peut être assassiné comme Pompée; mais la mort de Pompée féru toujours un tout autre effet que celle d'un bourgeois. Si vous traitez les intérêts d'un bourgeois dans le style de Milhridate, il n'y a plus de convenance; si vous représentez une aventure terrible d'un homme du commun en style familier, cette diction familière, convenable au personnage, ne l'est plus au sujet. 11 ne faut point transporter les bornes des arts : la comédie doit s\y lever, et la tragédie doit s'abaisser h propos; mais ni l'une ui l'autre ne doit changer de nature. (V.)

de ce qu'elles devaient à la dignité de leur naissance. Luimême avait conçu aussi de la passion pour toutes deux, sans oser prétendre h pas une, se croyant si fort indigne d'elles. Cependant tous les grands de Castille ne voyant IKjint de rois voisins qui pussent épouser leur.vine, prétendant à l'envi l'un de l'autre à son mariage, et étant près de former une guerre civile pour ce sujet, les Étals du royaume la suppHent de choisir un mari, pour éviter les maliieurs qu'ils en prévoyaient devoir naitre. Elle s'en excuse comme ne connaissant pas assez particulièrcmenl le mérite de ses prétendants, et leur conmiande de choisir eux-mêmes les trois qu'ils en jugent les plus dignes, les assurant que, s'il se rencontre quelqu'un entre ces trois pour qui elle puisse prendre quelque inclinati(m, elle l'épousera. Ils obéissent, et lui nomment D. Manrique de Lare, D. Lope de Gusman, et D. Alvar de Lune, qui, bien que passionné pour la princesse D. Elvire, eilt cru faire une lâcheté, el olTenser sa reine, s'il eût rejeté l'honneur qu'il lecevait de son pays par celle nomination. D'autre côté, les Aragonais, ennuyés delà tyrannie de D. Garcie et de 1). Ramire , son fils , les chassent de Saragosse , el , les ayant assiégés dans la forleres.se de Jaca , envoient des députés à leurs princesses, réfugiées en Castille, pour les prier de revenir prendre possession d'un royaume qui leur api)aitcnait. Depuis leur départ, cms deux tyrans ayant été lues en la prise de Jaca, D. Raymond, qu'ils y tenaient prisonnier depuis six ans, apprend à ces peuples que D. Sanche, leur prince, était vivant, et part aussitôt pour le chercher à Rubierça, oii il apprend que le pêcheur, qui le croyait son fils, l'avait peidu depuis huit ans, et l'était allé chercher en Castille, sur quelques nouvelles (ju'il en avait eues par un soldat qui avait servi sous lui contre les Maures. 11 pousse aussitôt de ce côté-là, el joint les députés connue ils étaient près d'arriver. C'est par son arrivée (pie l'aventuiier Carlos est reconnu pour le prince D. Sanciie; après (juoi la reine D. Isabelle se donne à lui, du consentement même des trois que ses États lui avaient nommés; et D. Alvar en obtient la princesse D. Elvire, qui, par cette reconnaissance, se trouve être sa sœur.

PERSONNAGES

D. ISABKI.LK, reine de Castille.

D. LÉONOR, reine d'Aragon.

D. ELVIRK, jirinrosse d'Aragon.

BLANCHE, dame d'honneur de la reine de Castille.

C.\RLO.S , cavalier inconnu , qui se trouve être D. Sanche , Hoi

d'Aranon.

D. RAYMOND DE MONC.\I>E, favori du défunt roi d'Aragon. D. LOPE DK (;US!\IAN , j

D. ^L^.N RIQUE DE LARE , (;rands de Castille.

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