DON SANCIIE, ACTE III, SCÈNE VI
l£t si vous devez roniiHe un nœud si salutaire , Hasarder un repos à votre État si doux , Qu'affermit sous vos lois la concorde entre nous.
D, ISABELLE
Et ne savez-vous point qu'étant ce que vous êtes , Vos sœurs, par conséquent, mes premières sujettes. Les donner sans mon ordre , et même malgré moi , C'est dans mon propre État m'oser faire la loi ?
D. MANKIQUE.
Agissez donc enfin , madame , en souveraine , Et souffrez qu'on s'excuse, ou commandez en reine ; Nous vous obéirons , mais sans y consentir ; Et pour vous dire tout avant que de sortir, Carlos est généreux , il connaît sa naissance \ Qu'il se juge en secret sur cette connaissance; Et s'il trouve son sang digne d'un tel honneur, Qu'il vienne , nous tiendrons l'alliance à bonheur ; Qu'il choisisse des deux , et l'épouse , s'il l'ose.
Nous n'avons plus, madame, à vous dire autre cliosc : Mettre en un tel hasard le choix de leur époux , C'est jusqu'où nous pouvons nous abaisser pour vous ; Mais , encore une fois , que Carlos y regarde, Et pense à quels périls cet hymen le hasarde.
D. ISABELLE
Vous-même gardez bien, pour le trop dédaigner, Que je ne montre enfin connue je sais régner,