‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 974 sur 1093 · DON SANCHE, ACTE IV, SCÈNE H · texte numérisé non relu

DON SANCHE, ACTE IV, SCÈNE H

fi 29

'• Fuyez dans la Castillc. >> A oes mots il expire,

Kl januiisdoi» Rairnoiul ne me voulut rieiulire.

le partis sans lumière en ces obscurités :

Mais le voyant venir avec ces députes,

l'^t que c'est par leurs gens que ce grand bruit éclate,

( V^oyez qu'en sa faveur aisément on se flatte!)

J'ai cru que du secret le temps était venu ,

Et que don Sanche était ce mystère inconnu ;

Qu'il l'amenait ici reconnaître sa mère.

Hélas ! que c'est en vain que mon amour l'espère !

A ma confusion ce bruit s'est éclairci ;

Bien loin de l'amener, ils le cherchent ici :

Voyez quelle apparence, et si cette province

A jamais su le nom de ce malheureux prince.

D. LOPE

Si vous croyez au nom , vous croirez son trépas ,

l'A qu'on cherche don Sanche où don Sanche n'est pas ;

Mais si vous en voulez croire la voix publique,

Et que notre pensée avec elle s'explique ,

Ou le ciel pour jamais a repris ce héros,

Ou cet illustre prince est le vaillant Carlos.

Nous le dirons tous deux , quoique suspects d'envie ,

C'est un miracle pur que le cours do sa vie.

Cette haute vertu qui charme tant d'esprits ,

Cette fière valeur qui brave nos mépris.

Ce port majestueux qui , tout inconnu même ,

A plus d'accès que nous auprès du diadème ;

Deux reines qu'à l'envi nous voyons l'estimer,

Et qui peut-être ont peine à ne le pas aimer ;

Ce prompt consentement d'un peuple qui l'adoie .

Madame, après cela j'ose le dire encore.

Ou le ciel pour jamais a repris ce héros ,

Ou cet illustre prince est le vaillant Carlos.

Nous avons méprisé sa naissance inconnue;

Mais à ce peu de jour nous recouvrons la vue ,

Et verrions à regret qu'il faillit aujourd'hui

Céder notre espérance h tout autre qu'à lui.

D. LÉONOR

Il en a le mérite, et non pas la naissance; Et lui-même il en donne assez de connaissance , Abandonnant la reine à choisir pariui vous Un roi pour la Caslillc, et pour elle un époux.

D. MANRIQLE.

Et ne voyez-vous pas que sa valeur s'apprête A faire sur tous trois cette illustre conquête? Oubliez-vous tléjà qu'il a dit à vos yeux Qu'il ne veut rien devoir au nom de ses aïeux H Son grand cœur se dérobe à ce haut avantage, Pour devoir sa grandeur entière à son courage; Dans une cour si belle et si pleine d'appas, Avez-vous remarqué qu'il aime tu lieu plus bas?

D. LÉONOK.

Le voici , nous saurons ce (|ui' lui mên" ■ n i > m ,

Page 1