‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 987 sur 1093 · ELVIRE, LOPE, D · texte numérisé non relu

ELVIRE, LOPE, D

D. ALVAK.

Princesses , admirez l'orgueil d'un prisonnier, Qu'en faveur de son fils on veut calomnier.

Ce malheureux pêcheur, par promesse ni crainte , Ne saurait se résoudre à souffrir une feinte. J'ai voulu lui parler, et n'en fais que sortir; J'ai tâché, mais en vain , de lui faire sentir Combien mal à propos sa présence importune D'un fils si généreux renverse la fortune, ¥A qu'il le perd d'honneur, à moins que d'avouer Que c'est un lâche tour qu'on le force à jouer ; J'ai même à ces raisons ajouté la menace : Rien ne peut l'ébranler, Sanche est toujours sa raee ; Et quant à ce qu'il perd de fortune et d'honneur, Il dit qu'il a de quoi le faire grand seigneur. Et que plus de cent fois il a su de sa femme ( Voyez qu'il est crédule et simple au fond de l'âme ) Que voyant ce présent, qu'en mes mains il a mis , La reine d'Aragon agrandirait son fils.

(à D. Léonor.) Si vous le recevez avec autant de joie, Madame, qiie par moi ce vieillard vous l'envoie, Vous donnerez sans doute à cet illustre fils Un rang encor plus haut que celui de marquis. Ce bon homme en paraît l'âme toute comblée. ( Don Alvar présente à I). Léonor tin petit écrin qui

s'ouvre sans clef, au moi/rn d'un ressort secret. )

D. ISABELLE

IMadame , à cet aspect vous paraissez troublée.

T). LÉONOR

J'ai bien sujet de l'être en recevant ce don , Madame, j'en saurai si mon fils vit, ou non ; Et c'est où le feu roi , déguisant sa naissance , D'un sort si précieux mit la reconnaissance. Disons ce qu'il Cnfernie avant que de l'ouvrir. Ah! Sanche, si par là je puis le découvrir. Vous pouvez être silr d'un entier avantage Dans les lieux dont le ciel a fait notre pari âge; Et (|u après ce trésor que vous m'aurez rendu Vous recevrez le prix qui vous en sera dd. Mais à ce doux transport c'est déjà trop |)ei inetf rc Trouvons notre bonheur avant que d'en promettre.

Ce présent donc enferme un tissu de cheveux Que recul don Kcrnantl pour arrhes de mes vœux , Son poi luit il le mien , deux pierres les |)Ius rares

Que forme le soleil sous les climats barbares , Kt , pour un témoignage encore plus certain , Un billet que lui-même écrivit de sa main.

UN GABDE.

Madame , don Raimond vous demande audience.

D. LÉOXOR.

Qu'il entre. Pardonnez à mon impatience Si l'ardeur de le voir et de l'entretenir Avant votre congé l'ose faire venir.

D. ISABELLE

Vous pouvez commander dans toute la Castille , Et je ne vous vois plus qu'avec des yeux de HUe.

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