‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 105 sur 594 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

LE VIEIL HORACE, HOKACE

LE VIEIL HORACE

Relirons nos regards de cet objet funeste, Pour admirer ici le jugement céleste :

) Quand la gloire nous enfle, il sait bien comme il faut Confondre notre orgueil qui s'élève trop haut : Nos plaisirs les plus doux ne vont point sans tristesse; |

n mêle à nos vertus des marques de faiblesse, |

Et rarement accorde à notre ambition L'entier et pur honneur d'une bonne action. Je ne plains point Camille : elle était criminelle; Je me tiens plus à plaindre, et je te plains plus qu'elle : Moi , d'avoir mis au jour un cœur si peu romain : 1

Toi, d'avoir par sa mort déshonoré la main. !

Je ne la trouve point injuste ni trop prompte; Hais tu pouvais, mon fils, t'en épargner la honte; Son crime, quoique énorme et digne du trépas, Était mieux impuni que puni par ton bras.

Disposez de mon sang, les lois vous en font maître;

J'ai cru devoir le sien aux lieux qui m'ont vu naître.

Si dans vos sentiments mon zèle est criminel. |

S'il m'en faut recevoir un reproche étemel,

Si ma main en devient honteuse et profanée,

Vous pouvez d'un seul mot trancher ma destinée :

Reprenez tout ce sang de qui ma lâcheté |

A si brutalement souillé la pureté. !

Ha main n'a pu souffrir de crime en votre race;

Ne souffrez point de tache en la maison d'Horace.

C'est en ces actions dont l'honneur est blessé

Qu'un père tel que vous se montre intéressé : j

Son amour doit se taire où toute excuse est nulle;-

Lui-même il y prend part lorsqu'il les dissimule ;

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