ACTE III, SCÈNE II
En ces occasions, ennuyé de supplices, Ayant puni les chefs, il pardonne aux complices. Si toutefois pour eux vous craignez son courroux » Quand vous lui parlerez, parlez au nom de tous.
MAXIME
Nous disputons en vain, et ce n'est que folie De vouloir par sa perte acquérir Emilie ; Ce n'est pas le moyen de plaire à ses beaux yeux Que de priver du jour ce qu'elle aime le mieux. Pour moi , j'estime peu qu'Auguste me la donne ; Je veux gagner son cœur plutôt que sa personne, Et ne fais point d'état de sa possession. Si je n'ai point de part à son affection. Puis-je la mériter par une triple offense? Je trahis son amant, je détruis sa vengeance; Je conserve le sang qu'elle veut voir périr ; Et j'aurais quelque espoir qu'elle me pût chérir!
EUPHORBE
C'est ce qu'à dire vrai je vois fort difficile. L'artifice pourtant vous y peut être utile; n en faut trouver un qui la puisse abuser, Et du reste, le temps en pourra disposer.
MAXIME
Hais si pour s'excuser il nomme sa complice. S'il arrive qu'Auguste avec lui la punisse, Puis-je lui demander, pour prix de mon rapport , Celle qui nous oblige à conspirer sa mort?
EUPHORBE
Vous pourriez m'opposer tant et de tels obstacles. Que pour les surmonter il faudrait des miracles ; J'espère toutefois qu'à force d'y rêver...
MAXIME
Éloigne-toi ; dans peu j'irai te retrouver : Cinna vient, et je veux en tirer quelque chose, Pour mieux résoudre après ce que je me propose.