‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 132 sur 594 · SCÈNE ni · texte numérisé non relu

SCÈNE ni

Donne un plus digne nom au glorieux empire

Du notle sentiment que la vertu m'inspire ,

Et que l'honneur oppose au coup précipité

De mon ingratitude et de ma lâcheté ;

Mais plutôt continue à le nonuner faiblesse ,

Puisqu'il devient si faible auprès d'mie maîtresse.

Qu'il respecte un amour qu'il devrait étouffer,

Ou que, s'il le combat, il n'ose en triompher.

En ces extrémités quel conseil dois-je prendre?

De quel côté pencher? à quel parti me rendre?

Qu'une âme généreuse a de peine à faillir !

Quelque fruit que par là j'espère de cueillir^

Les douceurs de l'amour, celles de la vengeance,

La gloire d'affranchir le lieu de ma naiësance.

N'ont point assez d'appâts pour flatter ma raison»

S'il les faut acquérir par une trahison ,

S'il faut percer le flanc d'un prince magnanime

Qui du peu que je suis fait une telle estime.

Qui me comble d'honneurs, qui m'accable de biens,

Qui ne prend pour régner de conseils que les miens.

0 coup ! ô trahison trop indigne d'un homme !

Dure, dure à jamais l'esclavage de Romel

Périsse mon amour, périsse mon espoir,

Plutôt que de ma main parte un crime si noir!

Quoi ! ne m'offre-t-il pas tout ce que je souhaite ,

Et qu'au prix dé son sang ma passion achète?

Pour jouir de ses dons faut-il l'assassiner?

Et faut-il lui ravir ce qu'il me veut donner?

Mais je dépens de vous, ô serment téméraire!

0 haine d'Emilie ! ô souvenir d'un père !

Ma foi, mon cœur, mon bras, tout vous est engagé.

Et je ne puis plus rien que par votre congé :

C'est à vous à régler ce qu'il faut que je fasse;

C'est à vous, Emilie, à lui donner sa grâce;

Vos seules volontés président à son sort.

Et tiennent en mes mains et sa vie et sa mort.

0 dieux, qui conune vous la rendez adorable,

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