‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 159 sur 594 · A LA REINE RÉGENTE · texte numérisé non relu

A LA REINE RÉGENTE

Majesté , les bons conseils qu'elle a pris , les grands courages qu'elle a choisis pour les exécuter, ont agi si puissamment dans tous les besoins de rÉtat , que cette première année de la régence a non-seulement égalé les plus glorieuses de Tautre règne, mais a même effacé, par la prise de Thionville, le souvenir du malheur qui, devant ses murs, avait interrompu une si longue suite de victoires. Permettez que je me laisse emporter au ravissement que me donne cette pensée , et que je m*écrie dans ce transport :

Qae vos soins , grindê reine , enfantent de mincies! Braxelles et Madrid en sont tont interdits; £t si notre Apollon me les arait prédits. J'aurais moi-même osé douter de ses oracles.

Sons JOB commandements on force tons obstacles ; On porte réponrante anz cceors les plvs hardis. Et par des coups d*essai vos États agrandis I>es drapeau ennemis font d*illastres spectacles.

Lt Yictoire elle-même accourant à mon roi , Et mettant i ses pieds Thionrille et Bocroy , Fait retentir ces vers sur les bords de la S^ne :

France , attends tont d*on règne ouyert en triomphant ,

Puisque ta Tois déjà les ordres de ta reine

Faire nn fondre en tes mains des armes d'an enfant.

Il ne faut point douter que des commencements si merveilleux ne soient soutenus par des progrès encore plus étonnants. Dieu ne laisse point ses ouvrages imparfaits : il les achèvera , Madame , et rendra non-seulement la régence de Votre Majesté, mais encore toute sa vie, un enchaînement continuel de prospérités. Ce sont les voeux de toute la France , et ce sont ceux que vous fait avec le plus de zèle , Madame, de Votre Majesté , le très-humble , très-obéissant , très- fidèle serviteur et sujet I

Page 1